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Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise- 5 5 1
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 Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-

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Sasuke
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MessageSujet: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:21

Voici une traduction française de Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise- réalisée par l'équipe de ffring, une série de petites histoires écrite par Jun Eishima, destinée à introduire le jeu en présentant chaque personnage et en posant les bases du scénario. Évidemment, ces quelques pages révèlent quelques informations sur le scénario du jeu, mais étant conçues pour être lues avant de jouer au jeu, vous pouvez déguster ces textes sans crainte.

Les trois premières parties ont été publiées sur le site officiel japonais de Final Fantasy XIII. Les suivantes, au nombre de quatre, seront incluses dans l'édition papier disponible le 24 décembre 2009. Il faudra donc patienter pour connaître la suite de l'aventure.



Partie I: Encounter - Chapitre un



Elle savait qu'elle était encerclée, mais ni la panique ni la nervosité ne l'envahirent. Elle ne pensait qu'au gain de temps que cette situation apportait. « Comme on nous l'avait dit », murmura Lightning en tirant son épée de son fourreau. Il y avait plusieurs Bain-de-sang autour d'elle, des monstres mi-homme mi-poisson qui vivaient au bord de l'eau. Ce genre de créature aquatique se montrait bien souvent dans les faubourgs de la ville côtière de Bowdam. Les humains n'étaient pas les seuls à vouloir vivre à cet endroit et profiter de son climat, son cadre et son atmosphère : même les monstres semblaient s'y plaire.

Elle pouvait sentir la présence de quatre de ces horreurs couleur rouge cendre. Deux se trouvaient dans son dos. L'un d'entre eux tentait de s'approcher discrètement, préparant son assaut. Elle trancha à sa droite. Touché. Puis à gauche. Son épée étincela, reflétant son nom à travers les organes du Bain-de-sang. Deux de moins. Un autre se dirigeait vers elle. À cette vitesse-là, il ne représentait aucun danger. Elle poussa un petit soupir. Elle fendit l'air pour l'abattre, n'en laissant plus qu'un face à elle.

C'est alors qu'ils arrivèrent. Elle recula d'un bond. Un coup de fusil retentit, le Bain-de-sang explosa. Un de plus baignait dans ses propres fluides verts.

« Nous venons aider ! »

Elle entendit la voix d'une femme et le vacarme d'une moto-volante. Vous n'aidez personne, vous vous mettez juste en travers du chemin, pensa-t-elle, irritée. Mais Lightning ne s'intéressait déjà plus aux Bain-de-sang. Elle n'avait pas besoin de lever les yeux pour savoir que cette voix appartenait à une femme d'une classe sociale défavorisée. Le bruit de la moto laissait clairement entendre qu'elle avait été modifiée. Ce n'était certainement pas un engin conçu pour le marché public, ni un modèle militaire silencieux. C'était un son bien différent. Cette femme n'était ni une citoyenne, ni une soldate.

En réalité, ce n'était pas elle qui conduisait l'engin. C'était un homme aux cheveux bleus. Il était très jeune. Il portait un bon nombre de bijoux qui le faisaient sortir du lot, même vu de loin. Derrière lui était assise une femme aux cheveux noirs, tenant dans ses mains un énorme fusil. La moto descendit rapidement, laissant la femme sauter à terre. Elle tira à nouveau. Les deux derniers Bain-de-sang furent projetés en arrière, l'un après l'autre. Ils restèrent immobiles. Elle n'était pas mauvaise. Évidemment, elle avait tout de même gaspillé la moitié de son chargeur.

La moto tourna lentement autour de Lightning, et s'arrêta enfin. Celui qui conduisait savait ce qu'il faisait.

« Hé soldat, t'étais en mauvaise posture, non ? » La femme aux cheveux noirs mit son arme à l'épaule et sourit. Elle portait un décolleté plongeant. Lightning pouvait apercevoir un tatouage en forme de papillon sur le haut de son omoplate. Si l'homme était remarquable pour ses bijoux, on pouvait dire d'elle qu'elle n'hésitait pas à montrer son corps. Aucun d'eux n'était vêtu comme toute personne censée portant une arme devrait l'être. Tous ses bijoux ne feraient qu'entraver ses mouvements. Et un fusil aussi gros chauffait rapidement. Avec autant de parties du corps à l'air, elle était sûre de se brûler. Des amateurs, se dit-elle, avant de leur demander :

« Qui êtes-vous ? »

« Le gang Nora. »

Même si Lightning voulait paraître dure et froide, la femme n'avait pas l'air de le remarquer. Elle roulait ses yeux d'ambre, comme si elle était amusée.

« Si tu es un soldat de Bowdam, tu dois déjà avoir entendu parler de nous, non ? »

Quelle arrogance. Lightning aurait aimé savoir d'où elle tirait autant de confiance, mais elle n'avait pas le temps pour ça.

« Jamais, désolée », dit-elle sèchement, avant de tourner les talons. Elle les entendait discuter dans son dos.

« Mais... »

« Bizarre, j'aurais juré qu'on était plus populaires que ça. »

Elle se mit à marcher plus vite pour ne pas avoir à entendre plus longtemps leurs paroles. C'était tellement énervant. Ils s'étaient mêlés de sa mission, et ils croyaient l'avoir aidée. Elle ne supportait pas leurs manières, alors elle leur avait menti, mais elle se détestait pour cela aussi. Oui, elle avait menti. Déclaré qu'elle n'avait jamais entendu parler du gang Nora. Mais elle les connaissait bien. Elle avait entendu parler d'un petit groupe qui se servait d'un petit magasin sur la plage comme d'un quartier général. C'était en fait un café pour touristes, mais on y trouvait la plupart du temps des autochtones. Ce n'était pas pour autant le genre d'endroit populaire chez les jeunes étudiantes.

« Nous sommes comme des chats errants, c'est de là que vient notre nom. » Elle était encore plus énervée, maintenant qu'elle se rappelait de cela. Lightning prit son portable. Ne pense pas à des choses aussi futiles, se dit-elle. Appelle le Sergent-Major et dis-lui que la mission est accomplie. C'est la plus importante chose à faire pour le moment.


Il y avait déjà beaucoup de soldats au point de rendez-vous. Les Bain-de-sang n'étaient pas si loin que ça. Ça n'aurait pas été si facile contre des monstres plus rapides. Ils haïssaient les hommes et ne se montraient pas dans les quartiers résidentiels ou les quartiers d'affaires. Les faubourgs étaient une toute autre histoire. Pour les gens qui y vivaient, c'était un vrai problème. Un amateur pouvait s'occuper d'un monstre seul, mais ils avaient plutôt l'habitude de se déplacer en groupe. Ceux qui vivaient seuls étaient les plus puissants. En d'autres mots, il serait plus sage d'appeler l'armée immédiatement si on en croisait un. C'est un travail qui revenait généralement à l'unité de Lightning.

Des soldats vinrent à sa rencontre, la félicitant pour le travail accompli. Lightning cherchait son officier supérieur, mais il n'était pas bien difficile à trouver. On pouvait entendre le Sergent-Major Amoda de très loin. Elle se contenta de suivre la direction depuis laquelle provenait son rire.

Lightning fronça les sourcils. Amoda discutait avec des personnes qu'elle n'avait jamais vu auparavant. À côté d'eux se trouvait une moto-volante modifiée qui ressemblait beaucoup à celle que l'individu aux cheveux bleus conduisait. Qui donc était cet homme qui parlait au Sergent-Major avec tellement de familiarité ? Il semblait sûr de lui, même s'il étouffait de chaleur. Elle n'arrivait pas à savoir si c'était à cause de ses habits ou de sa façon de bouger. Mais il lui suffisait de le regarder pour remarquer qu'il était un leader.

Elle croisa son regard et le fixa avec intensité. Elle savait que c'était déplacé, mais l'homme avait un air suspicieux. Réalisant sa présence, Amoda se retourna. « Hé, Commandant, heureux de vous revoir. »

Voilà qu'il recommence, pensa Lightning, haussant les épaules. Il adorait ce genre de blague. « Commandant ? Qu'est-ce que ça veut dire, Sergent-Major ? », répondit-elle en insistant sur ses deux derniers mots. Avec le temps, elle avait appris à ignorer ses blagues. Évidemment, il était parfois nécessaire de riposter.

« Vous êtes bien le chef de ce raid, non ? » S'il avait décidé de se comporter comme ça, elle n'y pouvait rien. Elle soupira, et décida de l'ignorer.

« Qui est-ce ? » Elle reporta son attention sur le mystérieux personnage. Qu'on le regarde de près ou de loin, ça ne changeait rien. Il amenait des mauvaises nouvelles.

« Il fait partie du gang Nora, sergent. » Un jeune soldat s'était invité dans la conversation. « Vous n'avez jamais entendu parler d'eux ? »

Encore eux, se dit-elle, laissant presque transpirer son irritation. À peine sortis de mon esprit, ils reviennent en demander encore.

« C'est un groupe de vigilantes monté par des jeunes de la ville. » Il avait visiblement pris son silence pour de l'ignorance. Amoda ajouta, « Voici Snow, leur leader ». Elle ne tira de cette confirmation que peu de satisfaction.

« Salut. » Sa désinvolture l'énerva encore plus. Il ne peut pas être un peu plus poli ? se dit-elle.

« Voici le chef de notre assaut. Elle est peut-être jeune, mais elle est bonne. » Amoda toucha du bout des doigts l'épée de Lightning.

« C'est une épée qu'elle a eu récemment. Une Lame Flamboyante... ça ne doit pas vous dire grand chose, mais n'importe quel soldat saurait ce que ça signifie. »

« Sergent-Major, ce n'est pas la peine de... » Lightning savait où il voulait en venir et tentait l'arrêter, mais il l'ignora et continua sur sa lancée.

« C'est une épée qu'on ne donne qu'aux meilleurs soldats. En clair, ceux qui possèdent une épée comme celle-ci ont des capacités incroyables. Impressionnant, non ? » Il en fait un peu trop, pensa Lightning. Elle n'arrivait jamais à en placer une quand il se mettait à raconter quelque chose.

« Et la sienne est spéciale. Elle porte une inscription qui dit... Qu'est-ce que c'est, déjà ? 'Éclat blanc... prends mon nom.' C'est ça ? » Elle le corrigea dans son esprit, « Invoque mon nom ». Elle ne pouvait pas le dire à voix haute, c'était trop gênant.

« Et si on s'arrêtait là, vous voulez bien ? » Même si elle plaisantait à moitié, elle était contente d'entendre son officier supérieur parler d'elle comme ça. Mais il y avait bien une limite à tout. En particulier quand ce Snow la regardait dans les yeux en répétant « Vraiment ? » ou « Ouah, impressionnant ». C'était insupportable.

« D'accord, d'accord. » Amoda avait l'air déçu, mais il ria de bon cœur.

« Bien, bien. Alors c'est pour ça que notre sergent a pu finir aussi vite. Vous étiez déçu de ne pas avoir grand chose à vous mettre sous la dent encore une fois, non ? »

« Non, les monstres signalés ne sont pas les seuls à se pointer, vous savez. »

« Vraiment ? »

« Ouais, si on commence à les descendre, ils viennent les uns à la suite des autres. »

« Hé hé, je veux bien que vous les descendiez, mais n'en faites pas trop. » Il était d'accord, bien évidemment, et il acquiesçait de bon cœur. Des vigilantes ? se demanda Lightning. Laissez-moi rire. Juste un groupe d'amateurs qui croient détenir la justice au bout de leurs armes... Elle voulait leur dire ce qu'elle pensait d'eux, mais ça ne changerait rien. On ne peut critiquer que lorsqu'on peut s'attendre à une remise en question. Dans le cas contraire, c'est juste une perte de temps.

« Vous avez beaucoup d'énergie. Pourquoi vous ne rejoignez pas l'armée ? »

« Les règles et les uniformes ne nous conviennent pas, vous savez. » Pourquoi ce type persiste à dire des choses qui ne feront qu'énerver les gens ? Il me met hors de moi, fuma Lightning. Mais le Sergent-Major Amoda se contenta de rire, et lui répondit en le tapant dans le dos, comme s'il était un bon ami : « Fais attention à ce que tu dis. »

« Maintenant que les monstres sont éliminés, on va pouvoir y aller. » À ces mots, ils grimpèrent tous sur la moto.

« Ne vous faites pas attraper », leur cria le jeune soldat. Il avait à peu près leur âge et ils avaient l'air d'être amis.

« Les PSICOM ne sont pas comme nous, ils ne vous laisseront pas filer. »

PSICOM. Sécurité publique et renseignement. Le service secret de l'armée, qui ne prend que les meilleurs soldats. La force de sûreté travaille près du peuple, alors il y a une certaine entente. Mais pas avec les PSICOM. Non, ils ne laisseraient pas le gang Nora exister. Un groupe de simples citoyens ne s'en rendrait pas compte. Et tous les membres du gang se moquèrent des paroles attentionnées du soldat.

« Ça ira. On est plus forts que l'armée. » Les leaders seront des leaders, et les suiveurs resteront de simples suiveurs. Mais le jeune soldat n'y prêta pas attention et se contenta de répondre en rigolant, « Un peu trop sûrs de vous, hein ? ».

Lightning se dit qu'ils ne manquaient pas seulement de bon sens. Les ignorer et les oublier serait la meilleure chose à faire. Mais...

« Attendez. » Lorsqu'elle réalisa ce qu'elle était en train de faire, elle avait déjà attiré leur attention. Elle avait une chose à lui demander, juste une chose.

« Ton nom est Snow, c'est ça ? »

« Ouais ? » Se préparant à partir, il lui tourna le dos.

« Tu es celui qui tourne autour de ma petite sœur. »

« Petite sœur ? »

« Serah Farron. » Elle avait à peine fini de prononcer son nom que Snow avait déjà sauté de sa moto et se dirigeait vers elle.

« Alors c'est toi la sœur de Serah. Vos visages se ressemblent, mais vous avez l'air tellement différentes. » S'il semblait heureux, Lightning était complètement dépassée. On aurait dit un enfant qui avait trouvé un bonbon.

« Serah m'avait dit que sa sœur était un soldat. Je n'étais pas sûr que c'était toi, mais tu es vraiment sa sœur. » Il avait dit son nom avec tellement de familiarité que son irritation revint au galop. Elle allait lui crier dessus lorsqu'il lui tendit sa main.

« Heureux de te rencontrer ! Je suis Snow Villiers. » Sa main était énorme. C'était peut-être à cause de ses gants en cuir. Tendre la main alors qu'on porte des gants. Cet homme n'a pas de manières.

« Ne t'approche pas de ma sœur. » Elle l'ignora. Elle ne voulait pas lui faire plaisir.

« Pourquoi ? » Il regarda sa main, puis Lightning. Il n'avait pas l'air d'avoir compris.

« Je t'ai dit de ne pas t'approcher de ma sœur. » Snow retira sa main. Il avait enfin compris qu'elle n'en voulait pas. Il n'abandonna pas pour autant, et dit avec hésitation :

« Sinon quoi ? » Je n'ai pas besoin de lui répondre, je lui ai dit ce que j'avais à dire, pensa Lightning. Elle essaya de lui tourner le dos, mais son pied buta sur quelque chose.

Une noix de coco. Le genre de noix de coco qui pousse sur les palmiers de Bowdam. Si vous dites « palmier » à quelqu'un de la région, il pensera tout de suite à ces arbres. Ils poussent rapidement et font le bonheur des promeneurs. Mais leurs fruits sont différents de ceux des palmiers classiques : on ne peut pas les manger. Ils sont énormes, et qu'on les cuise ou qu'on les fume, ils sont immangeables. Comme cet homme, se dit Lightning.

« Sinon quoi ? » Elle posa le pied sur la noix de coco.

« Ne le fais pas. » Elle se craqua lentement les doigts. Elle n'avait pas prévu de se débarrasser de celui qui avait des vues sur sa sœur comme ça, mais elle n'y pouvait plus rien.

Soudain, le pied qu'elle avait posé sur la noix de coco n'avait plus de prise. Snow avait tapé dedans, lui faisant dessiner un arc dans les airs pour ensuite retomber dans sa main. Un gamin qui savait taper dans un ballon.

« Désolé, mais me frapper ne t'avancera pas. » Il pense qu'un coup de poing d'une femme ne lui fera rien ou qu'il n'a pas à écouter mon avertissement ? Les deux, sûrement.

« Parce que je suis têtu. » Il souriait à ces paroles, l'énervant encore plus. Elle lui tourna le dos et s'éloigna. Je ne l'aime pas, se dit-elle. Mêler des enfants à ses histoires et se prendre pour leur général... quel horrible personnage. Que peut bien lui trouver Serah ? Évidemment, elle le trouve juste intéressant. Elle ne l'aime pas vraiment. Évidemment.

« Sergent Farron, vous le connaissez ? »

Ils ne pouvaient pas avoir entendu ce qu'ils s'étaient dit, mais ils avaient dû les voir se disputer. Le jeune soldat avait l'air anxieux.

« Non, pas vraiment. » Elle ne le connaissait pas. Et elle n'avait pas l'intention d'avoir quoi que ce soit à faire avec lui. Pas seulement elle, mais Serah aussi.

« Je rentre. » Lightning repoussa ses cheveux et s'en alla.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:23

Partie I: Encounter - Chapitre deux



La brise de la mer lui caressait la joue. Serah flânait sur la promenade, ses bras grands ouverts. Le temps était magnifique. Tout était calme. À cette saison, les touristes allaient à la plage pour nager dans l'océan. Le café du gang Nora était sûrement bondé depuis ce matin. Même si ce n'avait pas été la saison touristique, Lebreau serait au travail. Sa cuisine faisait toujours venir les autochtones.

C'était sûrement pour ça que Snow était en retard. Il leur avait sûrement dit « Je vous laisse vous en occuper », puis essayé de partir, mais l'un des habitués aurait alors commencé à discuter avec lui. Serah sourit à cette pensée.

« Hé ! » Elle entendit quelqu'un l'appeler, et se retourna. Ce n'était pas Snow. C'était un membre de Nora : Gadot. Seul sur la moto-volante, il retournait probablement au travail. Ou peut-être que Lebreau lui avait demandé d'aller chercher des ingrédients.

« Il va être en retard, c'est ça... ? », lui dit-elle alors qu'il s'arrêtait. Même s'il était plus petit que Snow, les gens le prenaient toujours pour un géant à cause de ces gros muscles. Lorsque Serah l'avait rencontré pour la première fois, elle l'avait trouvé énorme et effrayant. Bien entendu, ce n'était plus le cas maintenant.

« Retenu par un habitué ? »

« Bingo. Et ça va sûrement l'occuper pour un moment. » Serah se demanda si c'était encore l'un de ces intarissables clients. Elle ne savait pas si c'était Lebreau ou Snow qui avait envoyé Gadot transmettre ce message.

« D'accord, je comprends. Merci. »

« Nah, je passe toujours par ici de toute façon. Salut. » Gadot repartit aussi vite qu'il était arrivé. Serah lui fit un signe de la main et le regarda s'éloigner.

Le calme revenu, Serah se remit à marcher. Il y avait un endroit en bas du bout de la promenade où les oiseaux marins se rassemblaient. Elle décida d'y attendre Snow. Elle ne se lassait jamais de regarder les oiseaux jouer dans les vagues. Elle aurait aimé avoir quelque chose à leur donner à manger.

« J'aime cette ville », murmura Serah. Les oiseaux s'ébattant dans l'océan, la couleur du ciel, les feuilles frémissant doucement dans les arbres, et même cette jolie promenade. Mais c'était la dernière année de Serah au lycée. Elle avait déjà décidé qu'elle irait à l'université de la capitale de Cocoon, Eden. C'était une voie qu'elle avait elle-même choisie, mais la simple pensée de quitter cette ville la rendait triste. Snow lui disait toujours :

« Eden est juste là-bas. On pourra se voir quand on le voudra. » Et il lui souriait. Serah se répétait tout le temps que ça ne voulait pas dire qu'ils ne se verraient plus jamais. Ne plus jamais revoir quelqu'un, c'est une chose que Serah connaissait bien.

Le premier avait été son père. Même si elle n'était pas en âge de savoir ce qu'était la mort, elle avait bien compris qu'elle ne le reverrait plus. Quand sa mère mourut d'une maladie, elle avait ressenti cette perte avec beaucoup plus d'intensité. Perdre quelqu'un juste sous ses yeux. Snow aussi, il avait été élevé dans la même institution que Gadot, Lebreau et Yuge. Ils connaissaient cette douleur. C'est pour cela qu'ils étaient si gentils avec les gens. Même s'ils ne s'en rendaient pas compte.

Je suis heureuse, réalisa Serah. Je suis heureuse, alors même la plus petite des distances entre nous me fait mal. Pouvoir se voir tous les jours, parler de choses idiotes, être entouré de personnes attentionnées. Perdre même un instant de tous ces bons moments faisait mal.

« Enfant gâté. Tu deviens gourmande. » Elle se frappa légèrement le front avec le poing. Eden n'est pas aussi proche que Snow le prétend, mais ça ne veut pas dire qu'on ne pourra pas se voir. Je vais arrêter de m'apitoyer sur mon sort. Je ne veux pas gaspiller le temps qu'il me reste en étant comme ça.

Ce fut alors qu'elle vit quelqu'un courir sur la promenade. C'était Snow. Il était venu plus tôt qu'elle ne l'espérait. Il avait probablement fait de son mieux pour mettre un terme à cette conversation aussi vite que possible.

« Ici ! » Elle sauta sur place et remua les bras.

« Tu as vu ma sœur ?! » Elle ne pouvait pas s'empêcher de hurler. Snow était un peu essoufflé à cause de sa course effrénée, mais il lui dit dès qu'il le put : « Ouais, j'ai vu Lightning. »

« Hier, je suis tombé sur elle. »

Aha, c'est donc pour ça, pensa Serah.

« Pourquoi ? Elle a dit quelque chose à propos de moi ? »

« Rien. Mais elle était vraiment de mauvaise humeur, alors j'ai trouvé ça bizarre. » Même si elle était énervée, elle ne l'avait pas montré. Lightning ne boudait jamais comme un enfant quand elle était contrariée. Elle avait trop de fierté pour laisser transpirer ses sentiments. Mais Serah arrivait toujours à les deviner. Comme s'il y avait un champ invisible autour d'elle. Si elle devait le comparer à quelque chose, elle dirait que ça ressemblait à de l'électricité statique. On ne pouvait pas le voir mais si on pouvait le toucher, on recevrait un choc.

Snow a l'air de vouloir se faire mal, pensa Serah avec un rire amer. Lightning et Snow étaient complètement opposés. Snow était fidèle à ses sentiments, ce qu'il pensait se reflétait sur son visage, dans ses gestes et ses mots. Ses sentiments et ses paroles étaient intimement liées. Il n'aurait jamais menti ou triché. Serah sentait qu'elle pouvait lui faire confiance, mais ce n'était pas le cas de sa sœur. Ils n'avaient rien en commun, ils étaient comme l'huile et l'eau.

« Bon sang... » Snow se grattait la tête. « Qu'est-ce qu'on devrait faire ? »

Serah ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire. Puis elle se rappela.

« Ça ira, tu peux toujours venir. » C'était l'anniversaire de Lightning la semaine prochaine. Serah avait réussi à lui faire prendre des congés pour qu'ils puissent le fêter ensemble, tous les trois.

« On lui dit qu'on sort ensemble. »

« Oui, c'est horrible de devoir le cacher. »

Serah avait prévu de lui présenter Snow à son anniversaire. Elle ne voulait pas que Lightning prenne des congés juste pour cela, ça n'aurait fait que l'énerver, elle qui était toujours tellement occupée... Mais Serah ne voulait pas attendre trop longtemps avant de le faire.

« Elle comprendra si on lui parle. Elle est gentille, vraiment. » Lightning n'est pas seulement dure avec elle-même, mais avec les autres aussi. Une fois qu'elle a pris une décision, elle ne revient presque jamais dessus, alors les gens pensent qu'elle est têtue. Mais c'est comme ça qu'elle m'a toujours protégé, qu'elle s'est toujours occupée de moi, pensa Serah. Même si elle était encore à un âge où l'on aime être le sujet de l'attention, elle avait abandonné son enfance pour devenir forte, pour Serah. Aux enterrements de son père et de sa mère, c'était elle qui lui tenait la main. Elle lui disait tout le temps que quoi qu'il arrive, elle serait toujours là pour elle. Serah n'avait jamais oublié la chaleur de la main de sa sœur...

Ah, elle avait enfin trouvé quelque chose que Lightning et Snow avaient en commun. Même si leurs personnalités étaient totalement différentes, ils avaient au moins cette chose. Je les aime tous les deux, se dit Serah au plus profond de son cœur. Ils ont ça en commun.

« Non, ça ira. Il faut qu'on lui dise. Il faut qu'elle l'accepte. »

« Mais si elle s'énerve, elle va sûrement me tuer. » Snow l'avait dit pour plaisanter. Serah essayait de ne pas exploser de rire et garda un air sérieux.

« Si seulement c'était tout ce qu'elle ferait. Si elle s'énerve, c'est tout Cocoon qu'elle détruira. »

« Elle le ferait vraiment, hein ? » Snow fronça les sourcils. Mais c'en était trop. Serah laissa échapper un gloussement, et Snow rit à gorge déployée. J'espère qu'un jour, nous pourrons rire comme ça tous les trois, pensa Serah. Non, on le pourra. À son anniversaire.

Ils riaient depuis un bon moment lorsqu'ils entendirent quelqu'un crier dans leur dos. « Snow ! »

« Qu'est-ce qu'il y a, Maqui ? », répondit Snow alors que la moto s'approchait.

« Ils bougent. On a capté l'info sur le réseau sans fil de l'armée. Y'a des monstres dans les bois. C'est l'heure pour le gang Nora d'entrer en action ! »

« Compris », dit Snow. La moto se posa.

« Désolé Serah, je dois t'emprunter le Général. »

« Très bien ! » Serah s'inclina pour blaguer. Maqui avait un an de moins qu'elle, alors elle le considérait comme un camarade de classe.

« Désolé de vous déranger. », dit Maqui en riant. Snow fit semblant de le frapper en l'insultant. « Bâtard ! » Ils étaient comme des frères.

« Bon, ben, je vais rentrer à la maison. »

« Attends ! Euh, tu veux bien m'attendre ? Je veux faire les magasins avec toi. »

« Pourquoi ? » Snow lui fit un clin d'œil en grimpant sur la moto.

« Pour le cadeau de ta sœur. »

« Oh, un cadeau pour son anniversaire ! »

« Je veux qu'on le choisisse ensemble. Tu peux aller aux magasins maintenant si tu veux, pour jeter un coup d'œil... »

« Non, je vais attendre ici. Je vais me promener vers les Ruines. »

« D'accord », dit Snow. La moto décolla.

« On n'en a pas pour longtemps ! »

« Faites attention ! », dit Serah, les saluant de la main. Snow et Maqui étaient déjà loin dans le ciel. Elle ria, « Tu es vraiment rapide. »




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:24

Partie I: Encounter - Chapitre trois



Elle avait essayé de ne pas avoir l'air de mauvaise humeur, mais elle avait peur que cela n'ait pas marché. Lorsqu'elle était rentrée à la maison hier, tard dans la soirée, elle n'avait pas beaucoup parlé à Serah. « Je suis fatiguée », avait-elle dit, avant de s'enfermer dans sa chambre. Elle ne voulait pas dire quelque chose qu'elle pourrait regretter. Lightning pensait que si elle ouvrait sa bouche, elle ne ferait que crier sur Serah pour qu'elle quitte ce type. Elle ne voulait pas lui dire qu'elle était contre leur relation. Elle connaissait le tempérament de sa sœur mieux que quiconque. Même si elle avait l'air douce et faible, elle était forte à l'intérieur. Si Lightning lui disait qu'elle ne voulait pas qu'elle sorte avec lui juste parce qu'elle ne l'aimait pas, Serah ne lâcherait pas l'affaire avant de lui avoir fait changer d'avis. Elle ne voulait pas avoir à subir ça.

Lightning soupira et nettoya son plateau. Elles mangeaient ensemble les jours où elle devait partir tôt, mais quand elle devait partir plus tard, comme aujourd'hui, elle était toute seule. Quand Lightning s'était réveillée, Serah n'était déjà plus là, mais elle avait quand même préparé le petit déjeuner. Le planning de Lightning changeait tout le temps, et elle devait toujours s'en aller rapidement.

Leur père étant mort jeune, c'était leur mère qui devait travailler, quand elle était encore en vie. Lightning avait ainsi une plus grande expérience des tâches ménagères que Serah. Mais cette dernière était une bien meilleure cuisinière.

« Serah sait juste mieux choisir la nourriture. »

« Mm-hmm, et je sais mieux cuisiner aussi. » Elle se rappela des conversations qu'elle avait avec Serah et leur mère. Elle était toujours heureuse et souriante. Mais elle était tombée malade.

C'était juste avant qu'elle meure. Après l'école, Lightning et Serah allèrent à l'hôpital où se trouvaient leur mère. Serah essayait de courir, mais Lightning la retenait par la main en lui répétant, « Ne cours pas, c'est dangereux ». Généralement, elle lui disait de ne pas faire quelque chose, tout en le faisant elle-même. Mais ce jour-là était différent.

Le jour d'avant, lorsqu'elle était rentrée de l'école, le docteur l'avait contactée pour lui dire que l'état de sa mère s'était aggravé. Il lui avait dit que sa prochaine crise pourrait être très dangereuse pour elle.

Il n'y avait personne d'autre à qui le dire. Le docteur n'avait pas d'autre choix que d'expliquer à la jeune Lightning, qui n'avait alors que quinze ans, les détails de la maladie de sa mère. « S'il arrive quelque chose de grave, je peux te présenter une personne des services sociaux », avait-il dit. Il y avait beaucoup d'endroits où elle pourrait aller, il y avait même des programmes qui permettaient à des enfants sans tuteur de vivre librement. Elle n'avait pas à s'inquiéter. Elle ne devait penser qu'à sa sœur et elle. C'était ce que le docteur lui avait dit.

Mais Lightning avait réalisé que toutes les responsabilités de sa mère allaient lui retomber sur les épaules. Est-ce que ça se voyait sur mon visage ? se demanda-t-elle. En y repensant, elle avait l'impression que sa mère savait ce qu'elle pensait.

« Je me sens mieux aujourd'hui. Je pense que je vais manger un fruit. Serah, tu veux bien aller m'en acheter un ? »

« J'y vais », dit Lightning en se levant. Sa mère sourit.

« Serah sait mieux choisir la nourriture. »

« Mm-hmm, et je sais mieux cuisiner aussi. », déclara Serah, fière d'elle. Elle quitta la chambre.

« Tu devras faire beaucoup de choses à partir de maintenant, et pas seulement la cuisine. », lui dit sa mère. Le bruit des pas de Serah disparut peu à peu. La mère de Lightning lui sourit. Oui, elle comprend, pensa Lightning. C'est pour ça qu'elle a dit à Serah d'aller chercher un fruit. Elle va me parler de ce que je vais devoir faire. Mais elle ne le fit pas.

« Mais tu sais, tu n'auras pas à tout faire toute seule. Serah pourra t'aider pour beaucoup de choses. »

« Mais, maman... » Elle ne pouvait rien dire d'autre. Sa mère tendit le bras pour qu'elle se rapproche. Elle caressa ses cheveux comme si elle était un petit enfant. Lightning avait envie de pleurer.

« Petite enfant gâtée. On t'appelait comme ça avant la naissance de Serah. »

« Je ne m'en rappelle pas... »

« Quand elle est née, tu es devenue une grande sœur. Tu n'avais que trois ans. On ne pouvait plus t'appeler notre enfant gâté, ton père et moi. » Sa mère riait, mais Lightning pouvait sentir sa peine. La main qui caressait ses cheveux était tellement décharnée.

« Après la mort de ton père, tu m'as toujours aidée. Tu t'es toujours occupée de Serah. Tu es une bonne grande sœur, alors je ne m'inquiète pas pour elle. Parce que tu seras là. » Sa mère continua, « Mais Serah sera là pour toi, elle aussi. Elle t'aidera quand tu auras de la peine, elle te donnera de la force. Ne l'oublie pas. » Et sa mère l'appela encore une fois, doucement, « Ma petite enfant gâtée... »

Son état évolua ensuite rapidement. Elle s'était déjà préparée à ça, alors elle l'accepta sans dire un mot. Ce jour-là, au moment où sa mère la traita une dernière fois comme une petite fille, son enfance était terminée. Elle n'avait plus personne qu'elle pouvait appeler maman. Alors elle n'était plus un enfant. Elle ne pouvait plus être un enfant.

« Tu n'auras pas à tout faire toute seule. », lui avait dit sa mère. Mais elle était la seule qui pouvait protéger Serah. Évidemment, réalisa-t-elle, je devrai tout faire tout seule.

Je veux être une adulte. Elle le voulait de tout son cœur. Pour protéger Serah, pour rendre mon unique petite sœur heureuse, je dois devenir une adulte aussi vite que possible. Si je ne peux pas en être une aux yeux de la loi, je vais devoir me débarrasser du nom que mes parents m'ont donné pour en devenir une toute seule. Si je ne suis pas la fille de ma mère, ça marchera, non ? En échange, je serai la gardienne de Serah. Je la protégerai. Elle en fit le serment sur la tombe de sa mère. Elle se donna un nouveau nom, Lightning.


Son étui de revolver tomba, et elle revint à elle. Elle n'avait même pas réalisé qu'elle s'était déjà habillée. Elle sourit mécaniquement. Ce n'était même pas encore l'heure d'y aller.

Mais elle s'était levée plus tôt que prévu. Elle n'avait pas bien dormi, sans doute à cause de ce qui s'était passé hier. C'est compréhensible, se dit-elle pour la millionième fois, en soupirant. Pourquoi ce devait être ce type ? Elle n'était pas le genre de sœur surprotectrice qui chasserait tous les hommes qui lui adresseraient la parole. Elle voulait quelqu'un qui puisse rendre Serah heureuse. Quelqu'un qui pourrait la protéger. Elle ne laisserait personne qui ne serait pas à la hauteur s'approcher d'elle. Il n'avait pas besoin d'être un beau parleur ou d'avoir de l'argent. Il devait juste être gentil avec elle, et vouloir la protéger.

Ce type ne pourrait jamais la défendre, se dit Lightning. C'est juste un idiot qui se prend pour un roi. Il l'abandonnerait au moindre signe de problème. Elle pourrait le faire comprendre à Serah. Une lycéenne sérieuse et un chômeur bon à rien, ça ne marcherait pas.

Si mère était encore en vie, pourrions-nous arrêter Serah ensemble ?

Non, probablement pas. Lightning laissa tomber ses épaules. Père était plus ou moins dangereux lui aussi. Il était insouciant et gentil, mais on ne pouvait pas vraiment compter sur lui. Maintenant que je suis une adulte, je m'en rends compte, pensa Lightning. Bien entendu, quand j'étais petite, j'aimais mon père. Il était toujours joyeux, et il rigolait tout le temps. Mais s'il avait vécu plus longtemps, est-ce que j'aurais critiqué son attitude ? Je me serais probablement rebellée.

C'est mère qui l'a choisi, de toute façon. Elle aurait probablement été indulgente avec quelqu'un comme Snow. Elle aurait dit, « Si c'est lui que Serah aime... », et elle l'aurait accepté.

Alors c'est moi qui dois la protéger de cet homme. Je ne suis ni mère, ni père. Ils l'auraient peut-être toléré. Mais pas moi. Jamais.

Elle enfila ses gants de cuir et ouvrit la porte de sa chambre. Elle décida de partir tôt aujourd'hui.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:26

Partie I : Encounter - Chapitre quatre



Selon d'anciens rapports, les Ruines Étranges de Bowdam existaient depuis des centaines d'années. Les vieilles bâtisses et résidences de Cocoon étaient généralement considérées comme des constructions "histoiriques", mais les artefacts de Pulse étaient appelées des "ruines".

Ils avaient probablement été amenés ici durant la Guerre des Révélations, pour les utiliser comme matériaux afin de réparer les bâtiments détruits. Tout le monde savait que les fal'Cie maintenaient l’état des fondations de Cocoon avec des matériaux trouvés sur Pulse. Mais, chose étrange, au fil de toutes ces années, ils n'avaient jamais été utilisés pour restaurer ou pour construire. Ils n'avaient pas non plus été renvoyés sur Pulse. Ils étaient simplement restés à Bowdam, attendant leur heure.

Y avait-il des projets pour ces ruines ? Ou étaient-elles conservées pour autre chose ? Personne ne le savait. Quelques centaines d’années ne représentaient rien pour les fal'Cie, immortels. Aucun humain ne pouvait comprendre leurs desseins.

Quoi qu'il en soit, le mystère restait entier. Peut-être que les personnes travaillant au gouvernement avaient une petite idée sur la question, mais les simples citoyens comme Serah n'en savaient rien.

« J'ai beau les avoir vues d'innombrables fois, je les trouve toujours aussi étranges. » Serah leva les yeux vers ces ruines imposantes. Qui avait bien pu construire une telle chose ?

Les humains normaux ne pouvaient pas vivre sur Pulse, à cause des catastrophes climatiques fréquentes et des violents monstres qui y rôdaient. Elle avait entendu dire que les seules personnes qui y vivaient étaient quasiment des barbares. Ils n'auraient jamais pu bâtir une construction aussi sophistiquée. On disait également qu'il y avait aussi un fal'Cie sur Pulse. Mais contrairement au fal'Cie de Cocoon, qui accordait sa bénédiction aux pèlerins, celui de Pulse n'apportait que destruction.

Si c'était réellement le cas, le fal'Cie de Pulse n'avait pas non plus réalisé cet édifice. S'il avait été construit par quelque chose d'aussi terrible, Cocoon aurait été en danger, et son fal'Cie l'aurait détruit pour en tirer des matériaux.

Mais si ce n'était ni le fal'Cie de Pulse, ni les barbares, qui était-ce ?

Nombre d'écrits existaient sur le sujet. Tout le monde voulait le savoir. Mais aucune réponse n'avait été trouvée. C'était une vieille histoire, et personne n'aurait pu en trouver une explication compréhensible.

Serah avait commencé à s'intéresser à l'histoire à cause de mystères comme celui-ci. Ses résultats dans cette matière étaient ainsi devenus bien meilleurs. Elle se disait parfois que si elle n'avait pas grandi près des Ruines de Bowdam, l'histoire ne l'aurait pas autant attirée. Mais elle n'en était pas certaine.

Il n'y avait rien de tel qu'un mystère inexpliqué pour piquer la curiosité de Serah. Même si aucune réponse n'était à sa portée, le simple fait d'en chercher une était amusant. Évidemment, si elle parvenait à le résoudre, c'était encore mieux.

« Si seulement je pouvais rentrer à l'intérieur. »

Mais ces ruines ne disposaient d’aucune entrée. Il n'y avait pas la moindre information sur ce qui s'y trouvait. On ne savait même pas si l'intérieur ressemblait à celui d’un bâtiment classique. Serah toucha l'édifice. Ce n'était ni de la pierre, ni du métal. C'était trop froid au toucher. Non, c'était probablement une sorte de métal qu'on ne voyait pas tous les jours. Ou duu moins, qu'on n'utilisait pas pour construire des bâtiments.

Il devait probablement être très différent lorsqu'il avait été conçu, sur Pulse. Il avait dû subir le vent et la pluie de Cocoon pendant des centaines d'années. Sa couleur et sa forme avaient peut-être aussi changées.

Serah fixa son regard sur le sommet des ruines, et commencer à en faire lentement le tour. Lorsqu'elle faisait ça, on aurait dit que c'était elles qui se déplaçaient. Sa sœur lui avait montré ça quand elles étaient petites. Elle l'avait elle-même appris de son père. Serah avait été là elle aussi, mais elle ne s'en rappelait pas.

Rien n'a jamais changé ici, se dit Serah. Dix ans auparavant, cinq ans auparavant, aujourd’hui. Dans cinq ans, puis dans dix, ce sera certainement encore pareil. Même après ma mort, elles seront probablement encore là, immuables.

Brusquement, elle sentit quelque chose d’étrange sous ses doigts. Le mur avait l'air différent à cet endroit. Surprise, Serah regarda devant elle. Une entrée était apparue.

Serah fixa avec étonnement l'intérieur de la structure.

« C'est ouvert ?! »

Depuis quand ? Lorsqu'elle était venue il y a deux jours, rien n'avait changé. Elle venait voir les ruines depuis qu'elle était petite. Elle n'aurait jamais raté le moindre changement, en particulier s'il était aussi grand qu'une entrée.

Peut-être qu'une équipe de chercheurs du gouvernement avait enfin réussi à y accéder. Serah fit quelques pas en avant.

« Il y a quelqu'un… ? »

Personne ne lui répondit. Il n'y avait pas de gardes, alors ce n'était probablement pas une mission de chercheurs.

« Je peux juste jeter un petit coup d'œil, non… ? »

Si on apprenait qu'elle était entrée sans permission, elle aurait de gros problèmes. Mais sa curiosité prit le dessus.

Elle pénétra prudemment dans les ruines. Elle espérait au moins pouvoir aller jusqu'au centre du bâtiment. Le centre des Ruines de Pulse. Quelque chose qui venait de l'extérieur de Cocoon. Elle était excitée, si proche qu'elle était de percer le secret de cet endroit. Mais plus elle progressait, plus elle avait l'impression qu'elle était irrespectueuse. L'air était si pur et frais à l'intérieur.

Les ruines semblaient bien plus vastes vues de l'intérieur que de l'extérieur. Il y avait des passages et des escaliers de tous les côtés. Il était évident qu'il n'y avait personne ici. Non seulement elle n'entendait personne, mais elle n'entendait pas non plus le moindre bruit. Malgré cela, l'intérieur des ruines était éclairé. Il y avait des lumières le long des couloirs. Alors qu'elle s'enfonçait plus profondément, Serah se demanda quelle sorte d'appareil pouvait les faire fonctionner. Les lumières semblaient de plus en plus fortes, comme si elles lui indiquaient le chemin à suivre.

« Oh, ouah… ! »

Elle n'avait lâché qu’un murmure, mais l'écho était beaucoup plus fort. Elle couvrit sa bouche avec ses mains. Elle soupira et regarda à nouveau autour d'elle. L'architecture était étrange. Le sol semblait être fait de pierre, mais il était totalement différent de ceux des anciens bâtiments de Cocoon. Le sol, les murs, et les couloirs étaient tous parfaitement droits. Celui qui les avait conçus était probablement très doué. Les lignes se rejoignaient avec élégance, créant une magnifique harmonie.

« Je me demande ce qu'il y a ici. »

Elle regarda vers le haut. Le plafond était tellement lumineux qu'elle pouvait le distinguer clairement de là où elle se trouvait. Des escaliers menaient vers le haut. Il devait y avoir quelque chose là-bas.

À ce moment précis, le palier des escaliers s'illumina. Comme s'il lui disait : « Si tu veux en savoir plus, monte. » Serah n'hésita pas un seul instant. Le bruit de ses pas résonnait. La hauteur des marches semblait différente de celle qu'on trouvait généralement dans Cocoon, mais elle n'avait pas trop de difficultés pour les grimper pour autant.

Elle monta encore un peu, puis traversa un nouveau passage, qui déboucha à nouveau sur un escalier. La montée était longue, mais elle n'était pas fatiguée. Tout ceci était bien plus intéressant que n'importe lequel des musées qu'elle avait pu visiter. Serah était en transe.

L'organisation des passages et des escaliers était plutôt complexe, mais elle ne se perdit pas. Comme auparavant, le passage s'illuminait de plus en plus au fur et à mesure qu'elle avançait. Peut-être pour lui montrer la voie, certainement pour la pousser à continuer son chemin.

Elle se demanda pourquoi cet endroit avait été construit. Les questions qu'elle s'était posées au fil des années lui revenaient à l'esprit. Il ne lui semblait pas que c'était pour quelque chose de mauvais. Elle ne sentait rien de malveillant dans l'air.

« Mais... Je suis un peu fatiguée. Je ne crois pas que j'arriverai à aller jusqu'en haut... »

Elle avait déjà traversé un bon nombre d'escaliers, de couloirs et de petites pièces. Elle se reposa un court instant contre un mur, en regardant en bas. Elle n'était même pas à la moitié du chemin. Elle avait toujours pensé que ces ruines touchaient presque les cieux. Arriver en haut de l'édifice ne serait pas facile.

« Juste encore un peu... »

Si elle devait retourner en arrière, autant aller jusqu'à la moitié du chemin. Ses jambes étaient lourdes, mais elle continua. Elle respirait bruyamment, grimpant lentement les marches, lorsque quelque chose attira son attention.

« Comme c'est joli ! »

Au bord du palier suivant se trouvant un pilier de lumière. Son éclat était différent : c'était une douce lumière verte.

« Je vais me reposer là-bas. Cette lumière indique probablement qu'on peut s'arrêter ici. »

Lorsqu'elle s'approcha un peu plus, elle vit qu'il y avait d'autres piliers identiques plus haut. Elle baignait entièrement dans leur lumière, qui effaçait sa fatigue. Oui, ce doit être un endroit pour se reposer, se dit-elle en s'appuyant contre le piédestal.

Soudain, un grondement se fit entendre. Surprise, Serah sursauta. Les murs et le sol en face d'elle se mirent à bouger. Elle réalisa qu'elle avait été trop optimiste au sujet de ces piliers de lumière. Elle n'indiquaient pas une zone de repos, mais une sorte de moyen de transport.

Inquiète, Serah regarda autour d'elle. Les escaliers s'aplatissaient, les couloirs se transformaient en murs, l'intérieur des ruines tout entier changeait. À l'étage en-dessous, un énorme cylindre tomba en gémissant. Je me demande si c'est une source d'énergie.

L'escalier qui se trouvait en face d'elle disparut. Elle pensait qu'il deviendrait un couloir comme les autres, mais non. Il n'y avait rien ici. C'était une impasse.

« Qu'est-ce que je vais faire maintenant... »

Le grondement prit fin, et tout redevint silencieux à nouveau. Elle n'eut qu'un bref moment de répit avant qu'un étrange motif rouge ne viennent flotter devant elle. Elle l'avait déjà vu plus bas. Mais elle pensait également l'avoir vu ailleurs, avant d'être venue ici. Où est-ce que j'ai déjà vu ça ? se demanda-t-elle.

Le motif émit soudainement une lumière aveuglante. Serah couvrit son visage. Un étrange plate-forme se matérialisa dans l'air. C'était comme un bout de sol, qui flottait.

« C'est comme un ascenseur... c'est ça ? Un ascenseur très ancien. »

Elle avait déjà vu d'anciens ascenseurs lorsqu'elle avait visité l'un des sites historiques de Cocoon. Mais celui-ci était bien différent.

« J'imagine que je n'ai pas d'autre choix que d'essayer. »

Serah sauta sur la plate-forme. Il ne lui était même pas venu à l'esprit que ça pourrait être dangereux. Comme les lumières des escaliers et des couloirs, l'ascenseur se fit de plus en plus lumineux, lui montrant le chemin. Elle avait raison : il se mit à monter lentement. Serah espérait qu'il l'emmènerait jusqu'au sommet.

Le plafond était de plus en plus proche. La lumière était devenue tellement forte qu'elle lui faisait mal. L'ascenseur s'arrêta enfin. Est-ce que je suis au dernier étage ? se demanda Serah. L'air était plus frais qu'au rez-de-chaussée.

« Ce sont... des particules de cristal ? »

Des millions de petites lumières scintillantes flottaient dans l'air. Quelque chose au fond d'elle lui disait qu'elles n'étaient pas simplement jolies, mais véritablement sacrées. Elle se redressa, et s'avança à travers les particules. C'est dans des moments pareils qu'on a envie de prier, se dit-elle.

Les portes s'ouvrirent, comme pour lui dire que chacune de ses questions trouveraient bientôt sa réponse. Elle entra. Tout était noir. Elle commençait à se demander si elle n'aurait pas dû entrer dans cette pièce lorsque le chemin s'éclaira faiblement. Il n'était pas aussi lumineux que les autres, mais on pouvait tout de même y voir. Ce doit être le bon chemin, pensa-t-elle.

Serah continua, et la lumière se fit lentement de plus en plus forte. Oui, c'est bien ça, se dit-elle, je suis sur le bon chemin.

« Il y a quelque chose ici... ? »

Elle n'y voyait pas très bien dans la semi-pénombre. Il y avait quelque chose devant elle, quelque chose d'énorme. Quelque chose de vivant. Qui bougeait. À l'intérieur duquel une lumière froide se reflétait.

« Un Cristal ?! Mais, mais pourquoi ? »

L'instant d'après, une écrasante lumière jaillit. Elle était blanche et pure, tellement aveuglante qu'elle dût fermer les yeux. Mais une image s'était formée dans son esprit. C'était énorme, et horrible.

Que... Qu'est-ce que c'est ?!

Elle essaya de hurler mais aucun son ne sortit de sa gorge. Cette énorme et horrible chose s'éleva et frémit. Il y eut un cri, mais elle ne pouvait pas l'entendre. Non, non, je peux l'entendre. C'est une chanson. Quelqu'un est en train de chanter. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

Mais très vite, elle ne put plus penser. Tout devint noir.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:27

Partie I : Encounter - Chapitre cinq



Lightning pensait se promener un peu avant d'aller au travail, mais elle se finit par se retrouver au centre commercial.

Chaque année, des touristes des quatre coins du monde venaient à Bowdam pour son festival de feux d'artifices. Il existait depuis des temps anciens, et il y avait quelques légendes à son propos. La plus populaire étant la suivante, « Si tu fais un voeu la nuit des feux d'artifices, ton rêve deviendra réalité ». C'était tout. Rien d'autre à faire. Il suffisait simplement de faire un voeu. Les gens y croyaient depuis des décennies, peut-être même plus, probablement parce que c'était aussi simple que ça.

Tout le monde avait un rêve. Peu importe combien vous étiez heureux, il y avait toujours quelque chose qui pouvait vous le rendre encore plus. C'est pourquoi lors de la nuit du festival, les portes de Bowdam accueillaient beaucoup plus de gens que d'habitude. Avec autant de personnes rassemblées, il y avait forcément des accidents. Alors la force de sécurité de Bowdam devait patrouiller. Cette nuit-là, Lightning serait responsable de la zone s'étendant du centre commercial jusqu'à la plage.

C'est sûrement une bonne idée d'y faire un tour avant ce soir, pensa-t-elle. Je vais pouvoir mémoriser l'emplacement de chacune des boutiques, décider où je placerai mes soldats et prévoir quoi faire en cas d'accident. Par exemple, on devrait se concentrer sur ce magasin de bijoux. Ou au moins leur dire d'être vigilants. Les magasins de bijoux seraient les premiers visés en cas de vol.

Quelque chose attira son attention dans l'une des vitrines. Un gros pendentif qui pendait au bout d'une délicate chaîne était exposé. Il avait une forme étrange. Lightning n'y connaissait pas grand chose en bijoux, mais ça ressemblait au genre d'objets qui plaisait à Serah.

Traîner au centre commercial et regarder les devantures lui fit réaliser qu'elle n'avait pas fait du lèche-vitrines depuis bien longtemps. La dernière fois qu'elle l'avait fait, c'était avec Serah. Ça fait très longtemps que nous ne sommes pas allées faire les magasins, se dit-elle. On ne l'a pas fait depuis que je suis entrée dans l'armée.

Elle se sentit soudainement coupable. Après s'être engagée, elle s'était dit qu'elle s'occuperait de Serah une fois qu'elle se serait habituée à son travail. Mais après un an, elle eut encore plus de responsabilités. Elle était encore plus occupée. En un rien de temps, non seulement elles ne sortaient plus ensemble, mais elles se parlaient également très peu.

Quand elle s'était engagée dans l'armée, Serah était encore au collège. Elle s'inquiétait sûrement de ce qu'elle ferait après l'école, ou de ses relations avec les autres. Tout le monde avait des problèmes à cet âge-là. Elle avait sans doute voulu demander des conseils à Lightning sur de nombreuses choses. Mais non, Lightning était trop occupée au travail pour l'écouter.

Serah s'était sûrement sentie très seule. Elle cherchait probablement quelqu'un à qui parler... Ce doit être comme ça qu'elle a connu ce frimeur de Snow. [i]Si c'est le cas, alors tout est de ma faute, se reprocha-t-elle. Si seulement j'avais été là pour Serah. Même si j'étais occupée, j'aurais pu trouver du temps pour elle. Pourquoi ne l'ai-je pas fait ? J'avais juré sur la tombe de ma mère de la protéger, mais je n'ai réussi qu'à la rendre solitaire, à tel point qu'elle s'est attachée à ce type horrible. Et tout est de ma faute...[/i]

« Oh, comme c'est mignon ! »

Lightning se retourna. Une mère et son fils s'étaient arrêtés devant un magasin animalier.

« Tu aimes ces animaux, maman ? »

« Quoi ? Mais toi aussi, tu les aimes. Tu t'arrêtais toujours devant le magasin en pleurnichant, "J'en veux un, j'en veux un !" »

« Et c'était il y a combien de temps ? »

« Pas si longtemps que ça... seulement dix ans. »

La mère et son fils regardaient tous les deux la devanture. Il était évident qu'ils s'entendaient très bien. Les cheveux du garçon étaient d'un argent sobre, tandis que ceux de la mère étaient bien plus lumineux. Même si la couleur de leurs cheveux était différente, leurs visages se ressemblaient. On disait que les garçons ressemblaient généralement à leur mère. Au vu de sa taille, il devait avoir quatorze ou quinze ans. Le blouson orange vif qu'il portait renforçait cette impression. J'avais cet âge-là quand ma mère est morte, pensa-t-elle, un peu triste.

« Ce sont de très bons animaux pour les enfants. Ils sont intelligents, et ils s'attachent rapidement à leur maître. »

Le vendeur prit un petit oiseau qui se trouvait dans la boîte pour le mettre dans une cage. C'était un bébé Chocobo.

« On n'en trouve presque plus, tout le monde se les arrache. Notre magasin d'Ewleede en avait reçu il y a deux jours, et ils ont déjà tous été vendus. Nous allons devoir leur en renvoyer bientôt. »

Ils n'étaient pas aussi populaires lorsque nous étions enfants, se dit Lightning. Serah avait un ami avec lequel elle jouait souvent et qui en avait un. Elle avait toujours les yeux qui brillaient quand elle en parlait.

« Alors, vous voudriez en acheter un ? »

« Oh non, malheureusement nous sommes en vacances. Palumpolum est trop loin pour qu'on l'emmène jusqu'à là-bas. »

Le mot "vacances" donna une idée à Lightning. Des vacances. Ce serait une bonne idée.

Ce serait une bonne manière pour elle de s'excuser auprès de Serah. Elle pourrait l'amener quelque part. Même s'il n'était pas question de prendre de longues vacances, quelques jours feraient l'affaire, et elles pourraient faire un petit voyage. Une fois que le festival serait terminé, elle aurait probablement un emploi du temps plus flexible, et elle prendrait quelques jours de repos.

À mon anniversaire, se dit-elle, on pourra en parler. Elles préparaient toujours le dîner ensemble pour son anniversaire. Serah lui donnait à chaque fois un cadeau très recherché. Cette fois-ci, elle pourrait la remercia en lui annonçant qu'elles partiraient en vacances. Juste à deux, entre sœurs.

Elle écouterait alors tout ce que Serah pourrait avoir à lui dire. Pour rattraper tout le temps perdu. Elles passeraient de bons moments et elles mangeraient de bons plats. Évidemment, elle ferait en sorte de trouver du temps pour Serah quand elles rentreraient de vacances. Elle ne la laisserait plus être seule. Elle réaliserait alors qu'elle s'était faite avoir par ce type. Elle irait à l'université d'Eden. Elle aurait beaucoup de nouveaux amis, elle verrait des tas de nouvelles choses, et elle oublierait complètement Snow.

Lightning décida que c'était une excelle idée. C'était grâce à cette mère et son fils si elle l'avait eue. Elle se retourna, voulant les remercier, mais ils n'étaient plus devant le magasin animalier. Elle les vit s'éloigner ensemble, à travers la foule. Ils avaient semblé tellement heureux que le simple fait de penser à eux lui réchauffa le cœur.

Merci, pensa Lightning. Passez de bonnes vacances.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:28

Partie I : Encounter - Chapitre six



Elle entendait une voix, dans les ténèbres. Elle disait « l'Cie ». On aurait dit que cette voix allait s'éteindre à tout moment.

« Pourquoi... »

C'était une voix différente, bien plus claire.

« Pourquoi avez-vous choisi une habitante de Cocoon ? »

Qui était en train de parler ? De quoi parlaient-ils ? Elle voulait leur demander, « Qui êtes-vous ? », mais elle ne pouvait pas parler. Ni ouvrir ses yeux ou bouger ses doigts. Elle ne pouvait pas faire le moindre geste. Elle avait l'impression de flotter. Qu'est-ce qui se passe ? se demanda-t-elle. Au même instant, les ténèbres se firent plus profondes. Incapable de les combattre, elle s'évanouit à nouveau.


Elle sentit la chaleur du soleil sur son visage. Elle ouvrit les yeux et vit un ciel bleu au-dessus d'elle. Pas seulement le ciel, mais aussi les ruines. Comment elle était arrivée là, allongée par terre, était un mystère. Timidement, elle essaya de lever sa main droite. Elle pouvait la bouger. Alors elle essaya sa main gauche. Oh super, se dit-elle, je peux bouger mes deux mains.

Elle se releva lentement, mais elle se sentait nauséeuse. S'appuyant sur ses mains, elle s'assit un instant.

Qu'est-ce qui s'est passé ? se demanda-t-elle. J'étais en train de marcher autour des ruines. Et puis ? Puis j'ai vu une entrée, alors je suis allée à l'intérieur. Et il y avait beaucoup d'escaliers que j'ai montés, montés, pour m'enfoncer dans les ruines... J'ai vu un grand cristal. Et puis une lumière blanche très pure. Après ça, je ne me rappelle de rien. Comme si cette lumière avait tout effacé. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'était quoi, cette lumière ?

« Pourquoi avez-vous choisi une habitante de Cocoon ? »

Elle se rappelait de cette voix. Est-ce que c'était un rêve ? Probablement. Elle était consciente un instant, inconsciente l'instant d'après, et il n'y avait pas d'humains dans les ruines. Mais avant qu'elle s'évanouisse, elle avait vu une chose étrange. Non, pas étrange. Horrible, répugnant. Son nom... non. Non, c'était un rêve. C'était un horrible cauchemar.

Mais, si je suis là, ça veut dire qu'il y avait quelqu'un dans les ruines. J'étais inconsciente, alors quelqu'un a dû me porter.
Elle fouilla dans sa mémoire.

Elle avait entendu autre chose. Oui, « l'Cie ». l'Cie ? Ce l'Cie ? Non. Serah secoua la tête. Les l'Cies ne sont rien d'autre qu'une vieille histoire. Comme une légende ou un conte.

Sa tête la lancinait. Elle avait probablement heurté quelque chose quand elle était tombée. Elle se demanda si elle s'était faite mal ailleurs. Elle bougea les jambes : cela ne lui fit pas mal. Elle releva la tête. Elle ne se sentait plus nauséeuse. S'appuyant contre un mur, elle se releva. Ses jambes tremblaient un peu, mais elle tenait debout.

Elle n'était pas blessée. Soulagée, elle soupira. Puis elle vit quelque chose de noir sur son bras gauche.

« Que... Qu'est-ce que c'est ? »

Il y avait un motif sur son bras. Il était trop sophistiqué pour n'être qu'une blague, mais il était différent du tatouage que Lebreau avait sur l'omoplate.

« J'espère que je pourrai l'effacer. Si je ne peux pas... Qu'est-ce que je vais faire ? »

Elle le toucha du bout des doigts, et sursauta. Elle l'avait déjà vu auparavant. C'était un motif complexe composé de multiples flèches. Celui-ci n'était pas exactement pareil, mais ils se ressemblaient. Oui, elle l'avait vu à plusieurs reprises dans les ruines, elle l'avait vu dans cette lumière rouge...

« Oh ! », dit-elle doucement. Elle venait tout juste de se rappeler. Elle l'avait déjà vu avant d'être entrée dans les ruines. Elle en était certaine. C'était il y a quelques années, dans un livre qu'elle avait emprunté à la bibliothèque.

Il y a bien longtemps, lorsque des ennemis venant de Pulse attaquaient Cocoon, le fal'Cie de Cocoon avait transformé des humains en l'Cie, des servants aux pouvoirs spéciaux. Les l'Cie s'étaient battus pour protéger Cocoon. C'était écrit dans les récits de la Guerre des Révélations.

Le fal'Cie de Pulse avait fait de même, transformant les barbares en l'Cie pour les envoyer attaquer Cocoon. C'était sur cette page qu'elle avait vu ce motif, le même qu'elle portait maintenant sur le bras. En-dessous, il était écrit « La Marque des l'Cie – Pulse – Reproduction ».

« Je suis une l'Cie ? »

Une l'Cie de Pulse.

« Non. Non, ce n'est pas possible. »

Ce devait être une plaisanterie cruelle. Une plaisanterie faite par la personne qu'elle avait entendu parler dans les ruines.

« Pourquoi avez-vous choisi une habitante de Cocoon ? »

Son cœur fit un bond. Ces paroles. C'était comme si elles voulaient dire, « Normalement, vous ne choisiriez pas un habitant de Cocoon ». Et donc, il devait y avoir des gens à l'extérieur de Cocoon.

« Sur Pulse... ? »

Évidemment. Ces ruines venaient de Pulse. Cette voix avait voulu dire « Pourquoi avoir choisi quelqu'un de Cocoon, alors que vous prenez normalement des habitants de Pulse ? » La voix n'avait rien trouvé d'étrange à propos du fait de « choisir ». Elle savait donc que c'était ici qu'on désignait les l'Cie. Et celui qui le faisait n'était autre que le fal'Cie.

Ce qui voulait dire...

« Le fal'Cie de Pulse est à l'intérieur des ruines ? »

Maintenant, tout était clair. Les particules de cristal dans l'air, l'énorme cristal qu'elle avait vu avant de s'évanouir... Si le fal'Cie était dans ces ruines, tout s'expliquait. Serah l'avait vu, et il avait fait d'elle une l'Cie. Le fal'Cie de Pulse, celui qui n'apporte que désastre et destruction aux habitants de Cocoon.

Les l'Cie désignés par le fal'Cie de Cocoon étaient des « Serviteurs Sacrés », tandis que ceux de Pulse étaient les « Pions du Démon », des ennemis de Cocoon.

« C'est ce que je suis ? Non. Ce doit être un mensonge. Ce n'est pas possible... »

Serah frotta la marque noire sur son bras jusqu'à avoir mal. Elle ne s'effaçait pas.

« C'est juste une blague horrible ! »

Elle frotta encore plus fort. Elle tressaillit. La marque était en train de changer. Elle ne s'effaçait pas, mais sa forme et sa couleur changèrent.

« C'est pas vrai... »

Ce n'était pas simplement quelque chose qui était griffonné sur son bras. C'était gravé dans sa chair.

« Non, non, non, pas ça. »

Elle mit son menton sur ses genoux. Non, ce n'est pas possible. C'est juste une erreur stupide. Elle essayait de se convaincre elle-même, mais à chaque fois qu'elle regardait la marque sur son bras, elle perdait tout espoir. Elle ne pouvait nier ce qu'elle savait. Ça aurait été plus facile si elle ne savait rien.

« Snow... Lightning... J'ai peur. »

Il ne faisait pas froid, mais elle tremblait. Les larmes coulaient sur son visage.

« Aide moi. Snow... »

Elle ne pleura qu'un petit moment. Snow reviendra vite, pensa-t-elle. Je ne veux pas qu'il me voit comme ça. Cette marque horrible. Je suis un danger pour Cocoon, maintenant.

Elle se fit violence pour arrêter de trembler et se leva. Je dois partir d'ici, tout de suite. Avant que Snow ne revienne. Seule cette pensée la décida à ne pas s'arrêter.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Mer 2 Déc - 19:29

Partie I : Encounter - Chapitre sept



Où est-ce que Serah aimerait aller ? se demanda Lightning.

Le simple fait d'y penser la fit sourire. Se promenant dans le centre commercial, Lightning se sentait plus légère que d'habitude. C'était la première fois qu'elle allait dans une agence de voyage, mais ils avaient été patients avec elle. Il y avait plein d'endroits où elles pouvaient aller, même pour une courte durée, leur avaient-ils dit. Ils lui avaient même envoyé des brochures chez elle. À son anniversaire, elles pourraient les parcourir toutes les deux et préparer leurs vacances. Ce serait la première fois qu'elles partiraient ensemble. Elle était sûre que Serah serait heureuse.

Penser à son sourire lui réchauffa le cœur. Mon trésor, se dit Lightning. Je ferai tout ce qu'il faudra. Je suis désolée de ne pas avoir été là pour toi, Serah. Mais je ne te laisserai plus jamais te sentir seule. Je ne me servirai pas de mon travail comme d'une excuse. Je le promets.

Elle avait impression de ne pas avoir arrêté de courir depuis la mort de sa mère. Je ne dois plus me dépêcher, je dois prendre du temps pour m'arrêter, me relaxer. Pour Serah, et pour moi.

Dans la foule, elle aperçut deux personnes habillées bizarrement. L'une, une femme aux cheveux noirs, avait une tenue qui mélangeait l'exubérance de l'homme et l'indécence de la femme qu'elle avait vus hier. On dirait que je suis condamnée à tomber sur des femmes aux cheveux noirs ces temps-ci, se dit Lightning. Mais celle-ci semblait avoir une certaine audace, presque sauvage. C'étaient peut-être juste le design de ses habits bleus qui donnaient cette impression. Ce devait être ça, être "à la pointe de la mode". La femme qui l'accompagnait était habillée plus ou moins de la même manière. Elles portaient sûrement la même marque de vêtements. Peut-être qu'elles venaient d'Eden.

« Je ne comprends rien à la mode. », dit-elle en soupirant.

« Vous ne comprenez pas quoi ? », demanda une voix familière dans son dos. C'était le Sergent Major Amoda. Lightning s'inclina rapidement, et pointa du doigt l'endroit où se trouvaient les deux femmes.

« Les habits que ces deux-là portent... »

Elles n'étaient plus là. Peut-être qu'elles étaient rentrées dans une boutique.

« Deux femmes ? »

« Non, ce n'est rien. Je disais juste que je ne sais pas grand chose sur les dernières modes. »

Ça concerne aussi les deux que j'ai vu hier, ajouta-t-elle silencieusement. Je n'y comprends absolument rien.

« Eh bien, peut-être pas vous. Mais votre petite sœur ? Ça ne l'intéresse pas la... ah, mode ? »

« Si elle me disait qu'elle voulait ce genre de vêtements... »

Elle allait dire : je ne serais pas d'accord. Amoda était encore en train de se moquer d'elle. Lightning ria mécaniquement. C'était le Sergent Major tout craché.

« C'est inhabituel de vous trouver au centre commercial avant le travail, Sergent. Vous faites les magasins, peut-être ? »

« Arrêtons de parler de ça, s'il vous plaît. »

Elle l'avait dit tellement sèchement qu'Amoda fit signe qu'il abandonnait.

« Je fais le tour de la zone, comme c'est ici que je serai en patrouille pendant le festival. Il y aura pas mal de choses à changer. »

« J'apprécie que vous preniez autant votre travail à cœur, mais vous ne pensez pas qu'il vaudrait mieux attendre le jour du festival pour ça ? »

« Pourquoi êtes-vous là, Sergent Major ? »

Elle décida de le taquiner à son tour. Elle savait déjà pourquoi. Ils se connaissaient depuis très longtemps.

« Pour la même chose que vous. »

« Il ne vous restera plus rien à faire, alors. »

« Un vieil homme comme moi peut vite oublier les choses. Ça me sera déjà sorti de la tête d'ici le jour du festival. »

Ils se regardèrent et rirent.

« J'espère que tout se passera bien cette année. »

Dans huit jours, les feux d'artifices envahiraient le ciel de Bowdam. Tous les gens qui voulaient que leurs rêves se réalisent se rassembleraient cette nuit-là. Le lendemain, ce serait les vingt-et-un ans de Lightning. La première fois depuis bien longtemps qu'elle pourrait vraiment parler à Serah. Son coeur en battait déjà d'excitation.

« Bon, bon, on ne va pas rester plantés là toute la journée. C'est l'heure. Allons-y. »

Lightning rajusta sa tenue et regarda droit devant elle. C'était l'heure d'aller au travail. L'heure pour elle de devenir un soldat.

« À vos ordres, Sergent Major. »

C'était une belle après-midi ensoleillée. Se faufilant entre les marchands enthousiastes, ils marchèrent rapidement. Elle entendait les gens parler de choses idiotes et rire aux éclats. La cité côtière de Bowdam regorgeait de scènes comme celles-ci. Lightning les savoura, croyant toujours que Serah faisait de même.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Jeu 3 Déc - 16:33

Partie II: Friends - Chapitre un



Les coups de fil dans la soirée n'apportaient jamais rien de bon. Il n'y avait jamais d'exception.

N'ayant vécu que quatorze années, il était peut-être un peu tôt pour décider que quelque chose n'avait pas d'exception du tout. Mais c'est vrai aujourd'hui, se dit Hope, en regardant sa mère qui lui tournait le dos.

« Non, non, ce n'est pas grave. Ne t'en fais pas. On s'amuse bien, tous les deux. Bowdam est une très jolie ville. L'hôtel est parfait, et l'océan est magnifique.»

C'était son père à l'autre bout du fil. Hope l'avait su dès l'instant où le téléphone avait sonné. Et il pouvait deviner pourquoi il avait appelé. Après tout, c'était la fin de la journée. Il pouvait voir le soleil se coucher de la fenêtre qui faisait face à sa mère.

« Je... Je vois. Je comprends. C'est dommage...»

Bingo, se dit Hope. La déception dans la voix de sa mère confirma ce qu'il pensait. Ils l'avaient appelé pour qu'il reste, il était trop occupé, il ne pourrait pas partir demain. C'était sûrement ce qu'il disait.

Ils étaient censés partir en vacances tous les trois. Dix jours à la plage, dans un petit appartement. Sa mère avait commencé à préparer leur voyage il y a six mois. Juste pour s'amuser et se relaxer, pas pour visiter quelque chose en particulier. C'était ce qu'elle disait. Allons passer du temps ensemble, tous les trois. Ça fait tellement longtemps.

Mais il savait ce qui se cachait derrière les paroles de sa mère. Avec un mari tellement occupé, et un fils qui arrivait à "l'âge difficile", celui de l'adolescence, ils s'éloignaient de plus en plus. Elle ne savait plus quoi faire. Alors elle pensait que s'ils allaient ailleurs, loin de la maison, ils auraient enfin du temps pour se parler. C'était du moins ce que la plupart des gens penseraient.

Hope n'était pas emballé par ces vacances. Il ne savait pas ce qu'il aurait bien pu raconter à son père s'ils étaient constamment ensemble pendant dix jours entiers. Le seul fait d'y penser l'énervait. Alors il s'était senti soulagé quand son père avait annoncé qu'il devrait partir en voyage d'affaires. Il avait dit qu'il les rejoindrait plus tard, mais Hope n'y croyait pas. À la dernière minute, il dirait qu'il devait assister à une réunion importante, il dirait qu'une personne important du Sanctum serait là, et il s'excuserait. C'était toujours comme ça. Que la promesse soit importante ou non, son père l'abandonnerait toujours pour son travail.

« Ça ira, ne t'inquiète pas. Nous n'avons même pas le temps de nous ennuyer, il y a tellement à faire. »

Sa mère se forçait à paraître joyeuse. Comme toujours. Il voulait lui dire qu'elle n'avait pas à faire ça. Elle pardonnait toujours tout à son mari. Elle s'inventait toujours des raisons et des excuses. Ton père n'a pas un travail facile, dirait-elle. Il a beaucoup de responsabilités. Des personnes importantes du Sanctum comptent sur lui. Il travaille dur pour tout le monde. Elle l'encensait tellement que c'en était triste. Mais il ne la remerciait jamais pour tout le temps qu'elle passait à le défendre.

Mon père s'en fiche complètement, pensa Hope. D'elle, qui est si gentille avec lui... ou de moi.

Il ne savait pas si sa mère ne le réalisait vraiment pas, ou si elle faisait seulement semblant de ne pas s'en rendre compte. Ça ne changeait rien. C'est mon père qui est en tort, se dit Hope.

« Demain ? Nous allons à Ewleede, comme prévu. Oui, ils ont déjà tout remis en ordre après l'accident. »

Il y avait eu un énorme accident à la centrale du canyon d'Ewleede, il y a trois jours. Toute activité avait été arrêtée, et les visites de la centrale avaient toutes été annulées. Ils venaient de finir de réparer les dégâts, et ils avaient fait savoir au public qu'ils accepteraient les visiteurs à partir du lendemain.

« Tout ira bien. Le fal'Cie a décidé que c'était sans danger, alors il n'y a pas de souci à se faire, non ? Tu es trop inquiet. »

Comme s'il s'en faisait vraiment, pensa Hope. Bien entendu, il ne le dit pas à voix haute. Il savait que ça ne ferait que rendre sa mère triste. Sa raison le savait, mais son cœur...

« Il ne vient pas, c'est ça ? Évidemment. » Ces mots lui échappèrent à l'instant où elle posa le combiné.

« Il n'y peut rien. Il y a eu un accident à Ewleede tu sais, c'est la panique au Sanctum, et le travail de ton père est aussi touché. Oh ! Mais il a dit qu'il serait là pour le festival de feux d'artifices. »

Et c'est reparti, encore une promesse qu'il ne tiendra pas. Il ne devrait même pas prendre la peine d'en faire.

« Peu importe, ne parlons pas de lui. Qu'il soit ici ou à la maison, il dirait les mêmes choses. Comment ça va, à l'école ? Tu travailles bien ? Rien d'autre. Il est comme... »

Hope allait dire "comme un vieux disque". Mais il vit la tristesse dans les yeux de sa mère.

« Ah oui, tu disais que tu voulais que je t'aide à faire quelque chose ? » dit-il, essayant de changer de sujet. C'est idiot de s'énerver pour quelqu'un qui n'est même pas là.

« Oui, c'est vrai. Tu veux bien laver ces légumes pour moi ? »

« Des légumes ? »

« Eh bien, puisque cet appartement dispose d'une cuisine, je pensais que ce serait un peu du gâchis de manger au restaurant tous les jours. »

Elle lui montra un grand sac en papier. Il sentait la terre. Ce n'était pas le genre d'odeur qu'il y avait dans une épicerie.

« Quand est-ce que t'as acheté tout ça ? »

« Ce matin, un habitant de Bowdam me les a donnés. »

Oh ouais, maman s'était levée tôt ce matin. Il s'était rendormi, et elle était partie faire un tour. Elle avait dû les acheter à ce moment-là.

« Ils m'ont dit qu'ils utilisaient ces ingrédients dans leur restaurant. Ils en achètent certains au marché, mais ils font aussi pousser leurs propres légumes. Tiens, nettoie-les. »

Elle lui donna des sortes de patates qui n'étaient pas en très bon état. Elle prit des feuilles mangées par des insectes. On ne trouverait jamais ce genre de chose dans une épicerie de Palumpolum. Ou ailleurs.

« Tu te fourres toujours dans les plans les plus bizarres. », soupira Hope en ouvrant le robinet. Ce n'était pas la première fois que sa mère faisait quelque chose comme ça.

« Mais c'était tellement intéressant ! Celui qui travaillait dans le champ était un jeune homme très séduisant, tu sais. C'est seulement quand il m'a dit qu'il travaillait dans un café que ça ne m'a pas paru bizarre. Et il y avait aussi un garçon plus petit, je pense qu'il avait deux ou trois ans de plus que toi. »

« C'est quand même étrange de choisir de travailler dans un champ. »

« Tu penses ? Ils avaient l'air de s'amuser. »

Des gens qui cultivent leur propre nourriture... Hope n'arrivait pas à le comprendre. Il y avait des usines dirigées avec attention par le fal'Cie qui produisaient de la nourriture en grande quantité qui était ensuite revendue à très bon prix. Il ne savait pas combien coûtaient des graines de légumes, mais si c'était comme les graines de fleurs, alors il était probable que faire pousser sa propre nourriture n'était pas moins cher.

« Et puis cette fille est arrivée, et ils ont commencé à parler, et il a fini par me donner ces légumes. »

« Tu n'as honte de rien. »

« Je suis une mère, je suis forte. »

Elle ria, et se mit à laver ses feuilles mangées par les insectes. C'était comme si elle avait complètement oublié sa conversation avec son mari. Si seulement on devait partir en vacances sans lui dès le départ, pensa Hope. Elle ne se serait pas inquiétée autant. C'est pour ça que je le déteste tellement. Je déteste les coups de téléphone, le soir...

Il frotta la terre qui était restée sur les légumes avec ardeur. Si seulement je pouvais balayer tout le reste aussi facilement, se dit-il.




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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Jeu 3 Déc - 16:37

Partie II: Friends - Chapitre deux



Le Canyon d'Ewleede était un site touristique très populaire. La centrale avait mis en place un circuit pour les visiteurs, et on disait que le paysage alentour était l'un des plus magnifiques de tout Cocoon.

Le fait que l'on pouvait y voir le fal'Cie Kujata, le fal'Cie en charge de la centrale, contribuait également à cette popularité. Les fal'Cie étaient importants, c'était à eux que les habitants de Cocoon devaient leur mode de vie, mais ce n'était pas souvent que tout un chacun pouvait en voir un de si près.

C'était pour cela que les personnes en visite à Bowdam allaient aussi au Canyon d'Ewleede. On pouvait y voir les dernières innovations technologiques, profiter du superbe paysage, et voir un fal'Cie. Ces trois choses expliquaient pourquoi autant de visiteurs s'y rendaient.

À côté de la centrale se trouvait une place sur laquelle s'alignaient les magasins de souvenirs, attendant les touristes. Les enfants en visite scolaire s'y rassemblaient par groupes, et on pouvait toujours y entendre leurs voix excitées. C'était le Canyon d'Ewleede que tout le monde connaissait. Mais c'était différent aujourd'hui.

« C'est complètement différent de ce que j'ai vu en vidéo... », murmura Hope. Ils étaient enfin arrivés à Ewleede. La place avait été fermée, de la rubalise barrant l'entrée. Des soldats en armure patrouillaient. Il n'y avait pas de vendeurs de nourriture ou de boissons, ni de vendeurs de ballons.

« L'accident devait être plutôt grave. Je n'arrive pas à croire qu'il y ait plus de soldats que de touristes. »

Sa mère avait l'air de s'amuser, ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Mais elle ne pouvait cacher sa surprise devant un tel étalage de sécurité.

« Ça doit être dur pour ces soldats de Bowdam. Et ils seront aussi occupés avec le festival de feux d'artifices, bientôt. »

« Non, ce n'est pas leur uniforme. Ce sont des PSICOM... je crois. Mais ces gens là-bas, ce sont des soldats normaux. »

« Vraiment ? »

« Je pense. Kai m'avait montré une photo, une fois. »

Kai rêvait de devenir un pilote de l'armée depuis qu'il était petit, alors il en parlait beaucoup. S'il avait été là, il aurait su donner les noms des armes qu'ils portaient. Hope n'avait pas vu Kai depuis bientôt trois ans. Il avait déménagé avec ses parents, à cause de leur travail. Même s'il était juste allé dans la ville voisine, ils allaient dans des écoles différentes et ils ne se parlaient plus beaucoup. Au début, ils s'appelaient et s'envoyaient des e-mails, mais petit à petit, ils étaient de moins en moins...

« Hé, ce n'est pas le même magasin animalier que celui de Bowdam ? »

Hope interrompit le fil de ses pensées pour regarder la boutique que sa mère pointait du doigt. Le logo familier s'étalait sur la devanture du magasin.

« C'était pas l'endroit où ils vendaient ces bébés Chocobo ? »

« Oui, c'est ça. Ils avaient dit qu'il n'y en avait plus dans leur boutique d'Ewleede... Je n'arrive pas à réaliser tout ce qu'il s'est passé ici. »

Ça s'était passé le jour où ils étaient arrivés à Bowdam. Après avoir déposé leurs affaires dans leur appartement, sa mère avait dit qu'elle voulait aller faire un tour au centre commercial. Qui aurait pu penser qu'un accident pareil se serait alors produit à Ewleede ?

Des enfants passèrent en courant devant Hope. Ils doivent être en visite scolaire, se dit-il. Non, attends, c'est les vacances. Il doit y avoir une animation spéciale pour les enfants, ou un truc comme ça.

« Dépêche-toi ! Regarde, on est déjà en retard. »

Il y avait une fille comme ça dans toutes les classes. Ce genre de fille qui veut toujours que tout le monde se plie aux règles. Il y en avait une dans la classe de Hope. Il y en avait une ici. C'était sûrement inimaginable qu'il n'y en ait pas. Comme Cocoon sans fal'Cie était inimaginable.

« ... et puis j'ai fait cette visite organisée par le Sanctum. »

« Oh, celle de Sunleth ? »

« Oui, celle-là. »

Il se retourna. La fille avait dit ça avec fierté. Elle doit parler de cette sortie d'observation de la nature du Sanctum, pensa Hope. La Rive de Sunleth était l'une des rares réserves naturelles de Cocoon. Les citoyens n'étaient généralement pas autorisés à la visiter, comme elle servait à la recherche écologique. Ils pouvaient y aller seulement lorsque le Sanctum organisait des visites. Ça arrivait plusieurs fois dans l'année, c'étaient des écoles ou des groupes de ce genre qui y allaient la plupart du temps. Ils étaient choisis au tirage au sort, alors les inscrits n'étaient même pas sûrs de pouvoir s'y rendre.

Seuls les enfants chanceux allaient à Sunleth. Ce n'était pas étonnant que cette fille s'en vante. Kai l'avait sûrement fait lui aussi, dans sa nouvelle école. Il aurait dit qu'il y était allé avec son ancienne école.

« Qu'est-ce qu'il y a, Hope ? »

Sa mère se trouvait quelques mètres devant lui. Elle s'était arrêtée pour regarder derrière elle.

« Non, c'est juste ces enfants qui parlaient de Sunleth. J'étais en train d'y penser. »

« Oh, c'est vrai, ton école avait été tirée au sort. C'était il y cinq ans, non ? »

« Six. »

Quand Kai était encore là, et Elida aussi. Ils étaient toujours ensemble, tous les trois. Ils étaient ensemble à Sunleth. Il se rappelait courir sur le chemin derrière eux. Il se demanda si eux aussi se souvenaient toujours de leur aventure à Sunleth.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Jeu 3 Déc - 16:48

Partie II: Friends - Chapitre trois



À bord du vaisseau, tout le monde se mit à parler plus fort, l'excitation dans la voix. Au sol, de longues bandes de lumière se reflétaient sur le lac, brillants de mille feux. Toutes les variantes du vert coloraient la végétation. Ils venaient de survoler le quartier résidentiel de Sunleth, qui se trouvait à côté de la plus grande forêt naturelle de tout Cocoon.

« C'est le lac Shela ? »

« Hé, c'est quoi ce gros arbre, là-bas ? »

« C'est une montagne, ça ? »

Les enfants parlaient tellement fort qu'on aurait dit qu'ils allaient briser les vitres de l'aéronef.

« Très bien, calmez-vous les enfants ! »

Les voix des professeurs recouvrirent celles de leurs élèves. Avec dix ans d'expérience derrière eux, ils n'avaient pas bronché, mais le personnel du vaisseau regardait les enfants avec désapprobation. Généralement, seuls des passagers qui avaient les moyens de payer le prix fort montaient à bord. Ce qui voulait dire qu'ils ne voyaient que des membres du Sanctum en voyage d'affaires. S'occuper d'enfants n'était pas dans leurs habitudes.

La réserve naturelle se trouvait dans une zone qui n'était accessible que par une entrée bien spéciale, pour laquelle ils devaient utiliser un vaisseau civil très récent. Ainsi, le personnel ne l'utilisait qu'une ou deux fois dans l'année, et ils n'y étaient pas habitués.

Le vaisseau descendit progressivement et le Lac Shela se rapprocha. On ne voyait plus que la surface du lac depuis les fenêtres, et les enfants commencèrent à s'exciter à nouveau. L'une des maîtresses tapa dans les mains et leva la voix, « Écoutez ce qu'on vous dit ! ». Tout le monde se tut.

« Le vaisseau atterrira dans quelques instants. Nous ne nous poserons pas à côté du lac, et le plate-forme d'atterrissage ne sera que temporaire. Ne vous éloignez pas. Si vous avez compris, veuillez lever la main. »

« D'accord ! » répondirent les enfants d'une seule voix, en levant la main. Hope entendit quelqu'un à côté de lui dire, « Oh, ouah... ». C'était Kai. Hope garda sa main levée et lui demanda doucement :

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« C'est vraiment difficile de se poser dans un endroit où il n'y a pas de piste d'atterrissage. »

« Oh ? »

« Et ce vaisseau est énorme, il faut être un pilote très expérimenté pour pouvoir se poser ici. »

Hope ne savait pas vraiment de quoi il parlait. Kai voulait être un pilote de l'armée depuis qu'il était petit, alors il savait tout sur ce genre de choses. Mais Hope n'y connaissait rien. Mais si Kai disait que le pilote était impressionnant, alors ça devait être vrai.

« De quoi vous parlez, tous les deux ? » demanda Elida. Elle était derrière Kai, penchée au-dessus de lui.

« Tu parles trop fort. » lui rétorqua Kai en fronçant les sourcils. Elida avait la plus belle voix de la classe, mais elle aussi la plus forte.

Ils s'étaient rencontrés quand ils étaient entrés à l'école primaire, à la cérémonie de début d'année. Ils s'étaient assis côte à côté, et également en classe, juste après. Ils étaient vite devenus proches. Ils faisaient toujours tout ensemble.

Leurs loisirs et leurs personnalités étaient complètement différents, mais ça ne les avait pas empêchés de devenir amis. Ils n'habitaient pas loin les uns des autres, et ils rentraient souvent de l'école ensemble. Hope et Elida étaient enfants uniques, mais Kai avait un petit frère, de trois ans son cadet. Il s'appelait Hal, et ils jouaient souvent tous les quatre ensemble. Année après année, ils se retrouvaient toujours dans la même classe. Même s'ils ne s'asseyaient pas tout le temps côte à côte, ils se retrouvaient toujours pour des sorties comme celle-ci, ou des choses de ce genre.

« Il dit que le pilote du vaisseau est vraiment impressionnant. » Hope s'était penché vers Elida pour le lui murmurer à l'oreille.

« Impressionnant ? Qu'est-ce qui est impressionnant ? » Elida se pencha encore plus. Kai allait le lui expliquer lorsque leur maîtresse leur tomba dessus.

« Hé, vous trois ! Arrêtez de parler et baissez vos mains. »

Ils étaient les seuls à encore lever la main. Ils les baissèrent rapidement, embarrassés, sous les rires de leurs camarades.

« C'est de votre faute ! » dit Elida en faisant la moue. À cet instant, le paysage arrêta de bouger. Il n'avait pas senti la moindre secousse à l'atterrissage du vaisseau. Hope n'y connaissait rien, mais il s'était bien rendu compte que le pilote était bon.

« Tu vois, pas mal, hein ? » remarqua Kai, comme si c'était lui qui avait posé le vaisseau.


La première chose que les enfants regardèrent en descendant, c'était ce qu'ils avaient sous les pieds. Ils n'avaient jamais rien vu de tel. Dans Palumpolum, il y avait des rues partout. Même dans les jardins, il n'y avait de la terre qu'à très peu d'endroits. Cette étrange sensation sous leurs pieds était surprenante, mais ce qu'il y avait autour d'eux l'était encore plus. C'était la première fois qu'ils voyaient autant de végétation.

« Écoutez attentivement ! Quelqu'un se rappelle des règles à respecter ? »

Tout le monde leva la main.

« Quelles sont les trois choses à ne pas faire ? Répétons-les tous ensemble ! »

« Ne pas courir, ne pas s'éloigner, ne pas pousser. »

« Très bien ! Vous n'êtes pas en ville, ici. On peut glisser et tomber très facilement, alors mieux vaut ne pas courir. Les monstres sont généralement tranquilles, mais si vous criez ou si vous faites trop de bruit, ils seront surpris et pourraient vous attaquer. Alors on reste silencieux, d'accord ? »

Ils avaient vu tout ça depuis qu'ils savaient qu'ils avaient été choisis. Les professeurs se doutaient bien que simplement leur dire de rester calmes ne suffirait pas, alors ils avaient décidé de le leur répéter encore et encore. Les soldats avaient déjà éloigné les monstres du chemin qu'ils allaient emprunter. Les seuls qui restaient étaient les plus inoffensifs, et on les dissuadait gentiment de se pas s'approcher des visiteurs.

Faire tout cela prenait beaucoup plus de temps que de tuer tous les monstres. Mais ils étaient étudiés, à Sunleth, alors ils ne pouvaient pas se débarrasser d'eux. Le père de Hope le lui avait expliqué.

« Et il y a encore une chose importante dont vous devez vous rappeler. Il y a beaucoup de ravins et de falaises ici, et c'est très dangereux. Ils ont installé des plates-formes et des cordes pour nous, mais seulement à certains endroits. Ne vous éloignez jamais du groupe ! Ces chercheurs vont nous guider, alors écoutez bien ce qu'ils vous diront. Tout le monde a bien compris ? »

Ils levèrent tous la main, et Hope jeta un œil au chemin qu'ils allaient suivre. À travers les arbres, il pouvait voir des pentes escarpées et des rochers acérés. Il se sentait un peu nerveux à l'idée de marcher dans cet endroit "très dangereux".

Selon ce qui était prévu, ils allaient partir du Lac Shela jusqu'à la Passe de l'Arc-en-ciel, puis suivre un sentier dans la forêt avant de faire demi-tour. Une fois de retour au bord du lac, ils déjeuneraient et auraient ensuite du temps libre. Hope pensaient que seuls ceux qui voulaient suivre le groupe le feraient. S'ils ne le voulaient pas, ils devaient pouvoir rester ici.

Les rives du Lac Shela étaient magnifiques. Des fleurs de toutes les couleurs poussaient tout autour. Un peu plus loin se trouvaient des arbres énormes, leur ombre synonyme de fraîcheur et de tranquillité.

Hope préférait jouer à l'intérieur. Il aimait jouer chez lui, ou aller chez Kai pour regarder des photos d'armes et de machines de l'armée. Mais comme Kai et Elida aimaient tous les deux s'amuser dehors, ils ne restaient à l'intérieur que les jours de pluie, ou quand Hal était trop malade pour sortir.

« Très bien, nous allons faire des groupes par classes. Le chemin est étroit, alors marchez à la queue leu leu ! »

Chaque classe avait un chercheur pour la guider. Contrairement aux professeurs, ils n'avaient pas l'habitude de lever la voix. Ils avaient tous un petit mégaphone.

La longue file d'enfants avança doucement. Ils étaient un peu moins de cent.

« Ces fleurs sont tellement jolies. » Elida tendit la main vers une fleur rouge pale, mais Hope l'arrêta.

« Tu n'as pas le droit. Ils ont dit qu'on ne doit pas toucher ou ramasser les plantes. Il paraît qu'il y en a qui donnent des rougeurs. »

« Je le sais. Je veux juste prendre une photo. » dit Elida en sortant un petit appareil photo de sa poche.

« Je me demande si une photo d'une fleur plairait à maman... »

Hope prit son propre appareil photo jetable. Les clichés seraient envoyés instantanément, ce qui était vraiment incontournable pour des sorties comme celle-ci. Ils n'avaient pas autant de mémoire que les appareils photo normaux, mais une fois qu'elle était pleine, les données étaient transmises automatiquement au terminal le plus proche. Ensuite, le jour-même, les photos étaient envoyées au domicile de celui qui les avait prises. C'était parfait pour les enfants susceptibles de faire tomber leur appareil photo et de le casser, d'autant plus qu'ils étaient faits pour être jetés une fois utilisés. Pouvoir utiliser toute la mémoire en une journée était également très pratique.

Hope prit la fleur rouge pale en photo. Il photographia aussi la fleur blanche qui se trouvait à côté. Ses fines pétales s'envolèrent dans la brise. Il le prit en photo également. J'espère qu'elles ne sont pas ratées, pensa-t-il. On ne pouvait pas voir des fleurs pareilles en ville. Et il n'y avait pas que ça. Les monstres qu'il pouvait voir au loin ne faisaient qu'ajouter au charme de Sunleth.

Hope était presque en transe, mitraillant le paysage avec son appareil photo. Il ne se rendait même pas compte qu'il était en train de grimper une colline.

« Hé, tu ne trouves pas qu'il y a... une odeur bizarre ? » lui dit Elida. Hope l'avait remarqué aussi, quand ils avaient quitté le bord du lac pour s'engager sur le chemin.

« Ça sent comme, beh, un médicament. » Kai renifla l'air et grimaça.

« Non, pas comme un médicament. Plutôt comme des herbes, non ? »

« Ouais, c'est un peu comme le genre de truc que papi boit. »

La chercheuse qui se trouvait devant eux, entendant leur petite conversation, se retourna et leur sourit.

« C'est l'odeur de la nature. De la terre et de l'herbe. »

Tous les enfants s'échangèrent des regards. Il y avait de la terre en ville. Ils avaient des pots de fleurs, et d'autres plantes qui poussaient ici et là. Mais ils n'avaient jamais rien senti de tel.

« La terre qui n'a pas été traitée ou purifiée a cette odeur. Les plantes qui poussent ici ont elles aussi une odeur bien particulière. »

Quand on y pense, c'est vrai que les fleurs ont aussi une odeur différente, pensa Hope. Pas aussi différente que ça, mais plus forte. Il s'était juste assez rapproché pour les prendre en photo, mais leur doux parfum était arrivé jusqu'à lui. Ça l'avait surpris.

« Regardez ! Un monstre ! » cria quelqu'un. Il vit quelque chose ramper au bord d'un ravin. C'était translucide et spongieux. Quel monstre étrange.

« C'est un Flambos Végétal. Son espèce génétiquement modifiée est comestible, vous savez. »

Choqués et incrédules, les enfants protestèrent.

« Je ne pense pas que je vais vous raconter ce qu'on en fait. Ce serait bête que certains d'entre vous soient dégoûtés et n'en mangent plus. » Elle cligna de l'œil en riant.

Leur sortie était sur le point de se transformer en débat sur quel genre de nourriture on pouvait bien faire avec un Flambos Végétal, lorsqu'ils atteignirent la Passe de l'Arc-en-ciel. La chercheuse l'avait probablement à l'esprit lorsqu'elle avait commencé à parler de ces monstres comestibles.

Lorsqu'ils arrivèrent en haut de la passe, le paysage balaya toutes leurs interrogations sur le sujet. Un énorme arc-en-ciel s'étendait devant leurs yeux, et la lumière du soleil transperçait les nuages. Il entendit le cliquetis d'un appareil photo. Ce fut comme un signal : tous les enfants se souvinrent qu'ils en avaient un. Ils ne perdirent pas une seule seconde de plus.

« Il y a beaucoup de jolis endroits, alors faites attention à ne pas utiliser toute votre mémoire. »

Sur ces paroles, les cliquetis s'arrêtèrent net. Hope avait dû se faire violence pour arrêter de faire des photos. Il avait utilisé presque toute la place qu'il avait.

« Si seulement j'avais pu amener un deuxième appareil photo. » dit Elida tristement. Ses camarades devaient sûrement se dire la même chose. Mais ils n'avaient droit qu'à un seul appareil par personne, c'était la règle.

« Très bien les enfants, regardez par ici. » La chercheuse parlait dans son mégaphone. Elle avait attendu qu'ils finissent de faire leurs photos pour commencer son discours.

« Comme chacun le sait, le climat et la météo de Cocoon sont contrôlés par le fal'Cie. Habituellement, il ne prévient pas les humains du temps qu'il fera. »

Mais il y avait des exceptions. Pour les tempêtes, la foudre, du vent très fort ou d'autres situations de ce genre, le fal'Cie avertissait le Sanctum, qui à son tour prévenait les citoyens pour qu'ils puissent se préparer. Les annonces du fal'Cie étaient toujours correctes, il ne faisait jamais d'erreur.

Il suffisait de les comparer aux soi-disant "prévisions" des humains, qui récoltaient des données sur les changements climatiques. Elles étaient généralement assez précises, mais ça ne restait que des prédictions qui étaient parfois erronées.

« Contrairement au reste de Cocoon, la météo de Sunleth est contrôlée par son propre fal'Cie. C'est parce que nous étudions les effets de la pluie, du vent et d'autres phénomènes climatiques sur les monstres et les plantes. »

Elida leva la main, voulant poser une question.

« Est-ce qu'il y a des monstres qui n'aiment pas la pluie ? »

Elida déteste la pluie. Ça doit être pour ça qu'elle a pensé à cette question.

« Bien sûr. Mais il y en a aussi qui adorent la pluie. »

Elida fit la moue, comme si elle aurait préféré ne pas avoir posé cette question. Hope et Kai ne purent s'empêcher d'étouffer un rire.

« Ce n'est pas au programme, mais au-delà de cette falaise se trouve une vallée où nous observons les monstres qui aiment la pluie et ceux qui la détestent. Nous contrôlons la pluie dans cette zone pour voir de quelle manière ils réagissent. C'est aussi pourquoi on voit très souvent des arcs-en-ciel d'ici. »

Papa avait dit que c'était la lumière qui se réfractait sur les particules d'eau dans l'air qui formait les arcs-en-ciel, non ? se demanda Hope. Je devrais lui poser des questions sur ces Flambos comestibles. Il devrait en savoir quelque chose.

« Bien, nous allons continuer. Droit devant se trouve la "Passe de l'Arbre Ombragé". Il y a beaucoup de plantes rares qui détestent la lumière du soleil là-bas. Mais le terrain est très glissant, alors faites attention lorsque vous faites des photos. C'est tout. » dit la chercheuse, éteignant son mégaphone.

Ils formèrent une ligne à nouveau pour continuer sur le chemin. Ils avaient dû monter pour aller du lac jusqu'au sommet de la Passe de l'Arc-en-ciel, mais ils étaient maintenant sur une pente douce. Malgré tout, il était plus difficile de marcher ici. Hope ne s'était jamais douté que de l'herbe et de la terre mouillées pouvaient être aussi glissantes. Le chemin était plat, sans le moindre caillou, mais il faillit tomber à plusieurs reprises. Lorsqu'il tomba pour de bon, il se retrouva recouvert de terre. La description de la sortie leur avait dit "d'apporter des chaussures de marche, et des vêtements susceptibles d'être salis". Il comprenait maintenant pourquoi.

Il était content d'avoir gardé de la place sur son appareil photo. Photographier la faible lumière qui éclairait les rochers, ou l'herbe aussi transparente que du cristal, lui fit oublier sa fatigue.

Arrivés au bout du chemin, Hope prit une ultime photo. La lumière indiquant que les données étaient envoyées s'alluma, puis s'éteignit. Ce n'était plus qu'une boîte vide. La rangeant dans sa poche, il se sentit anxieux. Il n'avait plus rien à faire.

Sur le chemin du retour, la progression s'avéra encore plus difficile. Ses jambes étaient lourdes.

« Aah, on peut rentrer à la maison, maintenant ? » se plaignit Hope.

« Sérieusement. » dit Elida, essoufflée.

« Mais on aura du temps libre quand on sera arrivés au Lac Shela ! »

Kai était le seul qui avait encore de l'énergie. Apparemment, tomber par terre ne le dérangeait pas. Ses mains et ses habits étaient entièrement recouverts de terre.

« Tu devrais faire plus attention, Kai. Tu vas te faire mal. »

Il répondit que tout allait bien, mais il tomba en arrière. Imperturbable, il se releva et continua à marcher.

« S'il dit que tout va bien, alors tout va bien. » soupira Elida.


Après avoir déjeuné et s'être reposé un peu, Hope sentit sa fatigue disparaître complètement. Lorsqu'ils étaient revenus au bord du lac, il pensait qu'il ne voudrait plus jamais marcher.

« Qu'est-ce qu'on fait ? On a encore plein de temps. »

Ici ils pouvaient courir et crier autant qu'ils le voulaient, personne n'allait venir les gronder.

« Grimpons sur cet arbre, là-bas. Je veux prendre des photos d'en haut. »

« Tu n'as pas encore fini, Kai ? Normalement, tu prends toutes tes photos d'un coup. » dit Elida, surprise. Hope pouvait sentir que la situation allait dégénérer, alors il les sépara avant qu'il ne soit trop tard.

« On ne peut pas monter sur les arbres et les rochers. Si tu tombes, tu vas mourir. »

Quand Kai et Elida avaient une idée en tête, rien ne pouvait les dissuader de la mettre à exécution. C'était toujours Hope qui devait essayer de les arrêter.

« Alors, comment tu vas monter ? Je pense pas que tu y arriveras. »

« Mais je l'ai promis à Hal. Je lui ai dit que je prendrai une photo vraiment cool pour lui. »

Ah ouais, c'est vrai, se dit Hope. Hal voulait venir, lui aussi, mais il n'était même pas encore à l'école. Kai avait passé un long moment à essayer de le calmer et de trouver quelque chose pour le consoler. C'était sûrement pour ça qu'il lui avait promis cette photo.

« Alors pourquoi t'en as pas pris une à la Passe de l'Arc-en-ciel... ? »

« Je l'ai fait ! Mais ce n'est pas assez. J'ai pris les monstres en photo aussi, mais c'est pas assez cool non plus, tu vois ? Je veux en prendre du haut de cet arbre. »

« Mais tu peux pas. Pas de cet arbre. »

« Qui ne tente rien n'a rien. » répliqua Kai, en cherchant quelque chose dans sa poche. Il fronça les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il a ? »

Kai ne répondit pas, vérifia ses autres poches. Hope se sentit soulagé.

« Quoi ? T'as pas perdu ton appareil, quand même ? »

Il regarda dans les poches de son blouson, puis dans son sac. Après avoir vérifié tous les endroits possibles et imaginables, il finit par laisser tomber. Hope et Elida pouvaient savoir ce qu'il ressentait simplement en regardant son visage.

« Il doit être quelque part par là, j'en suis sûr. » dit Hope.

Tout le monde était d'accord. Alors ils cherchèrent aux alentours, mais ils ne trouvèrent rien.

« Tu l'as pas perdu sur le chemin ? Tu n'arrêtais pas de tomber. » remarqua Elida en montrant ses genoux sales.

« Non, je l'avais avec moi quand on est revenus. Je me demandais si je devais reprendre l'arc-en-ciel en photo ou pas. Je sais que je l'avais avec moi à ce moment-là. »

Alors il devait être quelque part entre le bord du lac et la Passe de l'Arc-en-ciel. Mais ils ne pouvaient plus y retourner : le chemin avait été barré. Les chercheurs voulaient éviter les intrusions extérieures au maximum.

« Hé Hope, il reste de la place sur ton appareil ? »

Généralement, Hope finissait toujours par prêter le sien. Kai et Elida prenaient toujours deux fois plus de photos que lui. Hope leur disait qu'ils devraient réfléchir un peu plus avant d'en prendre, mais ils lui répondaient que c'était lui qui réfléchissait trop. Ils finissaient toujours par utiliser son appareil photo tous les trois.

Mais aujourd'hui, c'était différent.

« Désolé, les photos ont déjà été envoyées. »

Il était impossible de réfléchir avant de prendre des photos ici. Sunleth était un endroit tellement magnifique. Que Kai n'avait pas fini d'en prendre était d'autant plus intriguant.

« Pour moi aussi. J'ai tout utilisé à la Passe de l'Arc-en-Ciel. » dit Elida.

Kai soupira.

« C'est fichu, alors. »

« Ne t'inquiète pas, je monterai mes photos à Hal. » Elida essaya de le consoler. « Hope aussi le fera. Ça devrait aller, non ? Il verra deux fois plus de photos. Je suis sûre qu'il sera content. »

Mais les photos arriveraient chez eux ce soir. Hal ne pourrait les voir que le lendemain, après l'école. Hope pensa à lui. Ils avaient l'habitude de jouer tous les quatre ensemble après l'école. Ça l'avait énervé qu'il soit le seul à ne pas pouvoir y aller. Il n'arrêtait pas de dire, « Pourquoi je peux pas venir ? »

Hal serait tellement déçu...

Non, ils devaient le faire. Ils devaient le faire, pour Hal.

« Allons le chercher. »

Kai et Elida furent pris au dépourvu.

« La Passe de l'Arc-en-ciel n'est pas si loin. On a qu'à chercher jusqu'à ce qu'on n'ait plus de temps libre. »

« Mais on est pas censés pouvoir y retourner. »

« Ça ira, il faut juste que personne nous voie. »

Ils échangèrent un regard. Ils n'auraient jamais imaginé que Hope dirait un jour une chose pareille.

« Mon père dit qu'il faut toujours tenir ses promesses, même si elles ne sont pas importantes. »

Il avait aussi dit que si on oublie une promesse faite à quelqu'un, l'autre personne s'en souviendra. Kai pouvait simplement dire qu'ils n'y pouvaient rien, et laisser tomber. Mais Hal aurait attendu toute la journée avec impatience pour rien.

« Allons le chercher. » répéta Hope. Même si Hal était plus petit, il était son ami. Elida ressentait la même chose.

« Ouais, sinon Hal sera très déçu. »

C'était décidé.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Jeu 3 Déc - 16:54

Partie II: Friends - Chapitre quatre



Ils ne pouvaient pas réemprunter le chemin principal. Les chercheurs avaient déjà commencé à nettoyer la zone. Ils décidèrent de prendre un autre passage. Ils ne savaient pas vraiment s'il menait au même endroit, mais il leur semblait que c'était le cas.

« On se retrouvera là-bas en passant par ici, non ? » dit Elida en se retournant, l'air inquiète.

« Ben, on dirait que ça va dans la même direction. Si on continue par là, on devrait tomber sur le chemin de tout à l'heure... »

Ils n'étaient pas très loin du lac, mais les voix de leurs camarades semblaient déjà terriblement loin. Hope se demanda si c'était vraiment la bonne direction.

« On devrait reprendre le chemin principal au retour. »

« Mais si on se fait attraper à l'entrée, ils vont nous gronder. »

« T'inquiète pas, d'ici là ils auront fini de nettoyer. »

« Mais les professeurs seront peut-être en train de surveiller. »

La forêt semblait bien trop tranquille, ils se sentaient obligés de parler fort de choses stupides. Quand ils étaient avec le reste de leur classe, ils n'avaient pas autant remarqué ce silence, mais maintenant qu'ils étaient juste tous les trois, ils trouvaient ça effrayant.

« Hé, regardez ! On dirait un fruit. » dit Elida gaiement. Elle pointa du doigt une branche qui pliait sous le poids de plusieurs fruits rouges et jaunes. Ils n'en avaient jamais vu d'aussi gros.

« Je me demande si on peut le manger. »

« T'as pas le droit de les cueillir. Franchement, Elida, si tu le pouvais, tu ramasserais tout ce que tu trouverais. »

« C'est pas vrai ! »

« Oh, mais sa couleur est très jolie... »

« Arrête, je te dis que c'est pas vrai ! » Elida commençait à s'énerver.

« Heu... Les amis ? » Kai coupa leur dispute. « Vous ne trouvez pas que cette couleur ressemble à celle de... vous savez, du truc qui est censé être comestible. »

Hope le remarqua aussi. Le monstre qu'ils avaient vu près de la Passe de l'Arc-en-ciel avait à peu près la même couleur. Il se rappela qu'il ne s'était pas trouvé si loin de leur chemin...

La terre se souleva brusquement devant eux, comme si un mur rouge s'était dressé. C'était bien le monstre. Son corps translucide se gonfla. Un Flambos Végétal, se dit Hope, terrorisé. Ses jambes se mirent à courir sans même qu'il ne s'en rende compte.

« Aaaah ! Il nous suit ! » cria Elida, au bord des larmes. Hope était le plus lent des trois, et il n'avait pas le temps de se retourner pour regarder. Il se contenta de courir aussi vite qu'il le pouvait. S'ils le laissaient traîner derrière, ce serait fichu pour lui. Il courut aussi longtemps qu'il eut du souffle. Il ne savait pas où ils allaient. Ils trouvèrent un rocher derrière lequel ils pouvaient se cacher, et plongèrent dans son ombre protectrice. Son cœur battait tellement fort qu'il avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine.

« Il... Il n'est plus derrière nous... » Kai regarda de l'autre côté du rocher, puis s'assit, soulagé. Hope sentait que ses jambes allaient le lâcher. Il ne pouvait pas faire un pas de plus.

Ils s'assirent tous les trois côte à côte, respirant bruyamment. Hope eut un frisson. Si le sol avait été glissant comme tout à l'heure, ou si l'un d'eux avait heurté quelque chose, qui sait ce qui se serait passé. Ils avaient beaucoup de chance d'avoir pu s'échapper.

« Hé... On est où ? »

Ils avaient cru aller vers le chemin principal. S'ils n'étaient pas dans la bonne direction, ils auraient pu faire demi-tour. Mais c'était impossible, maintenant.

« Cet endroit a l'air... différent. »

Les arbres lugubres qui les entouraient auparavant avaient disparu pour laisser place à des falaises nues. L'herbe à leurs pieds était rare. C'était un endroit sec et désolé.

« On est arrivés d'où ? »

Ils avaient été tellement déterminés à se réfugier quelque part qu'ils ne savaient plus de quelle direction ils étaient venus. Il n'y avait que des parois rocheuses de tous côtés.

« Il faut qu'on aille vers l'arc-en-ciel... »

Mais les falaises leur barraient la vue. Ils pouvaient à peine distinguer le ciel.

« Je pense que c'est par là. »

« Non, non. C'est par là. »

Kai et Elida voulaient chacun aller dans une direction complètement opposée à l'autre. Hope ne savait pas lequel des deux avait raison. Ils n'avaient vraiment pas la moindre idée du chemin à prendre.

« Ben... On a qu'à continuer à marcher, alors. »

« Mais on n'est pas censés se déplacer quand on est perdu. »

« Ailleurs, peut-être, mais si un monstre vient nous attaquer ? On n'arriverait pas à s'enfuir. »

Le chemin était escarpé et inégal, ils ne pourraient rien faire si un monstre rapide venait à leur poursuite.

« Si on trouve un endroit en hauteur, on pourra voir le lac. Et on saura comment y retourner. »

« Oui. On s'est juste un peu éloignés du chemin, on pourra s'y retrouver si on voit le lac. » Kai était d'accord. Elida hocha lentement de la tête, encore hésitante.

« Oh, attendez une minute. » Hope ramassa une pierre aiguisée et grava une croix dans le rocher. « Allons vers la droite. Si on se trompe, on pourra toujours revenir ici. Et on aura qu'à essayer à gauche. »

« Ouah, Hope. T'es intelligent ! »

« C'est mon père qui m'avait appris ça. Il m'avait dit que si j'étais perdu dans un endroit inconnu, je devais faire en sorte de pouvoir revenir sur mes pas. »

« Ah, alors c'est ton père qui est intelligent. » Elida rit. Le fait qu'elle complimente son père, et pas lui, le rendit plus fier.

« Dépêchons-nous. Ils vont sûrement s'en aller bientôt. »

Ils hochèrent tous les trois la tête et se mirent en route. Même s'il était midi, la lumière était faible dans l'étroit passage entre les falaises. Ils marchèrent sans bruit. Ils avaient peur que leurs voix parviennent aux oreilles des monstres. Sans que l'un d'entre eux ait demandé à le faire, ils s'étaient pris par la main. Ils se sentaient ainsi plus forts, en quelque sorte, eux qui s'aventuraient dans un endroit qu'ils ne connaissaient pas.

Les parois miroitaient d'un bleu pale. S'ils n'étaient pas perdus, ils auraient trouvé cette lumière sublime. Mais désormais, même quelque chose d'aussi joli leur paraissait de mauvais augure. L'air était étouffant, et un vent chaud soufflait dans la crevasse.

Hope ne savait plus combien de temps ils avaient marché. Les parois de la falaise étaient toujours là, inébranlables. Enfin, au loin, ils purent apercevoir quelque chose qui avait l'air d'être d'une machine. Ils se regardèrent rapidement, comme pour se mettre d'accord, puis piquèrent un sprint. Ils pensaient qu'ils allaient pouvoir l'utiliser pour envoyer un message ou appeler quelqu'un. Si c'était la même chose que ce qu'ils avaient à la maison, ils pourraient même contacter leur maîtresse. Mais plus ils se rapprochaient, moins cette machine leur semblait familière ou pouvoir être utilisée par des enfants.

« Essayons juste ces boutons. »

« On ne devrait pas. Imagine qu'on le casse… » Mais avant que Hope ne puisse l'arrêter, Elida toucha le panneau. Il s'alluma.

« Tu vois, on pourra s'en sortir. » dit-elle fièrement. Mais à ses paroles, le panneau s'éteignit et redevint silencieux.

« Hein ? Ca ne marche pas ? Bon, ben, y'a plus qu'à faire comme maman me l'a appris… » Elida s'apprêtait à taper dans la machine avec son poing. Hope et Kai agrippèrent ses bras. Ils savaient tous deux ce que lui avait "appris" sa mère.

« Ça va pas ?! Tu vas le casser si tu fais ça ! »

« Y'a que ta mère pour faire marcher des trucs en tapant dessus ! »

Elida eut l'air vexée, mais elle baissa les bras.

« Alors qu'est-ce qu'on fait ? »

« Marchons encore un peu. S'il y a une machine ici, il doit y avoir des gens aussi. »

La progression était toujours difficile, le sol inégal et rocailleux, mais l'espoir de trouver quelqu'un leur avait redonné de l'énergie.

« Hé, c'est quoi ce truc ? »

Ils venaient d’atteindre l’autre bout du tunnel, lorsque Hope s'était retrouvé nez-à-nez avec une chose étrange qui flottait. C’était une boule lumineuse, à peu près de la taille d’une tête humaine. Elle semblait n'être constituée que d'eau, et elle frémissait dans l'air, juste devant eux.

« Hé ben, c'est pas un monstre, ça va pas nous attaquer. »

« On t'a dit de ne toucher à rien ! » crièrent Hope et Kai. Mais c’était trop tard. La main d'Elida se referma sur la boule. Le vent devint froid, et le ciel s'assombrit. Quelques gouttes d'eau tombèrent, puis un véritable déluge s'abattit sur eux. Ils savaient à quoi servait cette boule, maintenant. C'était un dispositif pour contrôler la pluie.

Ils retournèrent dans le tunnel en courant. C'était le seul endroit où ils pouvaient rester à l'abri de la pluie.

« On sait au moins où on va. Ils avaient dit qu'il y avait un truc pour la pluie près de la Passe de l’Arc-en-ciel, non ? Alors elle doit être de l'autre côté de ces falaises. »

« C'est bien joli, mais on fait quoi pour la pluie ? »

Hope allait leur dire d'arrêter de se disputer, lorsqu'il se rappela de quelque chose. Quand ils étaient à la Passe de l’Arc-en-ciel, la chercheuse avait parlé d'autre chose… « Il y a aussi des monstres qui aiment la pluie. » Et c'était ici qu'ils les étudiaient…

Je dois arrêter la pluie, se dit Hope, en courant vers la sortie. Mais il ne put pas aller bien loin. Il s'arrêta, et fit un pas en arrière. Juste devant lui se trouvait un monstre jaunâtre, une sorte de grenouille géante. Derrière, des monstres similaires mais de couleurs différentes se rassemblaient. Leurs pattes palmées se terminaient par des griffes acérées. Son corps tout entier se paralysa.

Il essaya de courir, buta sur son propre pied et tomba sur le dos. Il savait qu'il devait se relever mais il n'y arrivait pas. Il entendit un cri derrière lui. Elida aussi était encerclée par des monstres. Elle était la plus bruyante de leur classe, et son cri lui déchirait les oreilles. Hope se prit à espérer que les monstres seraient surpris et battraient en retraite.

Ils s'arrêtèrent de bouger un instant. Mais aucun monstre ne fuirait devant le cri d'un enfant. Ils se rapprochèrent lentement. Il pouvait distinguer des dents pointues dans leur gueules grandes ouvertes. Ils vont me manger, pensa-t-il.

Hope ferma les yeux et se mit en boule. Mais l'attaque tant redoutée n'arriva jamais. Tremblant de peur, il rouvrit les yeux. La pluie s'était arrêtée. Les monstres s'éloignaient peu à peu. Quelqu'un avait utilisé l'appareil pour la pluie.

« C'est le fal'Cie qui contrôle la météo… »

Peut-être était-ce le fal'Cie qui les avait sauvés. Mais il entendit Elida s'égosiller à nouveau.

« Regardez ! C'est le vaisseau ! » s'écria Kai. Ils pouvaient en effet le voir, de l'autre côté de la falaise. Peut-être qu'il les cherchait. Il faisait du sur-place. Le fal'Cie a dû appeler le vaisseau aussi, se dit Hope. Kai remuait les bras et criait.

« Tu peux te lever ? » Elida prit sa main et l'aida à se remettre debout. Il regarda autour de lui, mais ne vit rien qui ressemblait à un chercheur ou un fal'Cie.

« Dépêche-toi, Hope ! »

Il fit oui de la tête et se mit à courir derrière Kai et Elida, s'agitant lui aussi pour signaler leur présence.


Une fois à bord du vaisseau, on les emmena à l'écart de leurs camarades pour leur poser des questions sur ce qu'il s'était passé. Leur maîtresse les sermonna, leur disant que les monstres de Sunleth auraient pu les blesser. Ils s'y étaient attendus.

Kai récupéra miraculeusement son appareil photo. Un chercheur l'avait trouvé quand ils étaient en train de nettoyer la zone, et l'avait ramené. Ils n'auraient même pas eu besoin d'aller le chercher, en fait. Ils auraient dû se contenter d'attendre qu'ils n'aient plus de temps libre.

Je n'aurais jamais dû leur dire qu'on devrait aller le chercher, pensa Hope, pris de remords. Il ne savait pas ce que pensaient Kai et Elida, mais ils n'avaient pas l'air fâchés contre lui.

« C'est le fal'Cie qui a arrêté la pluie ? » demanda Elida à leur maîtresse. Elle avait dû se dire la même chose que Hope. Le fal'Cie était le seul qui aurait pu arrêter la pluie comme ça.

« C'était probablement un chercheur qui la contrôlait à distance, mais c'était surement le fal'Cie qui avait pris cette décision. »

Ce n'était pas non plus le fal'Cie qui avait contacté le vaisseau. C'était le panneau qu'avait touché Elida. Un chercheur avait remarqué que quelque chose d'étrange se produisait dans cette zone, et il avait deviné que quelqu'un s'était introduit dans la "Vallée de la Pluie".

« Ils ont dit que c'est très difficile de se poser là-bas. Si le pilote n'était pas aussi expérimenté, vous seriez probablement encore en train de chercher votre chemin dans le canyon. Vous devriez aller le remercier plus tard. »

Ils furent enfin autorisés à aller se rassoir.

« Kai, euh... » Désolé de vous avoir mis dans le pétrin, voulait dire Hope.

« C'était vraiment cool. » Kai ria et tapa Hope dans le dos. Il hocha la tête et sourit.

« Kai ! Prends ton appareil ! » Elida montra la fenêtre du doigt. C'était déjà le soir. De petites lumières étaient éparpillées au sol, contrastant avec le soleil couchant. C'était celles de la piste d'atterrissage de Sunleth. Kai la prit en photo sans perdre une seconde. Toute la mémoire de l'appareil était enfin utilisée, et la diode indiquant que les données étaient en cours d'envoi s'alluma. La photo que Kai avait promis à Hal, cette ultime photo, était une vue nocturne de Sunleth.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Jeu 3 Déc - 16:59

Partie II: Friends - Chapitre cinq



Que la promesse soit importante ou pas, il faut toujours la tenir, hein...

Hope réfléchissait à ces paroles. Je croyais en ce principe, se dit-il. J'y ai toujours cru. Mais même mon père, celui qui me l'a appris, l'a oublié.

Non, son père devait toujours avoir ce principe à cœur. Mais seulement lorsque ça ne concernait pas Hope ou sa mère. Si c'était pour le travail, il répondrait présent, de jour comme de nuit. Il en oublierait même de manger, enfermé dans son bureau. Pour lui, désormais, rien n'était plus important que ses obligations professionnelles.

Son père ne se rappelait plus des promesses faites à sa famille. Il ne les écoutait même plus. Depuis combien de temps Hope n'avait-il pas pris la peine de lui adresser la parole ? Bien longtemps. Je ne sais même plus de quoi je voulais discuter avec lui, pensa-t-il. Son père lui avait dit, « Désolé, je n'ai pas le temps, on en parlera plus tard. » La seule chose dont Hope pouvait se rappeler, c'était la façon dont il s'était débarrassé de lui. Il s'en souvenait comme si c'était hier. Quand son père était parti, il avait enfin réalisé quelque chose. Peu importe ce qu'il espérait ou ce qu'il voulait, il ne pouvait rien y faire.

« C'est dommage que tout soit fermé, mais on a au moins pu voir le fal'Cie Kujata. »

Les mots de sa mère le firent redescendre sur terre. Ils venaient de voir le fal'Cie de la centrale, et ils se dirigeaient vers la sortie. Ses pensées le harcelaient, mais il se contenta de regarder ailleurs et de faire semblant de ne pas être intéressé.

« C'était trop court. »

« La moitié de la centrale était fermée. Ils n'y pouvaient rien, tu sais. »

L'accident qui s'était produit à Ewleede était bien plus grave que voulaient bien le faire croire les communiqués de presse. Il suffisait d'y aller pour s'en rendre compte.

« Je me demande si le fal'Cie de Sunleth est comme celui-là. »

« Oh c'est vrai, vous y étiez allés. Vous n'aviez pas vu le fal'Cie ? »

« Nan. Ils nous ont expliqué qu'il contrôlait la météo, mais on a vu que des monstres. »

« Oh oui, je me souviens. Tu t'étais fait attaqué par des monstres, puis tu as eu une terrible fièvre. J'étais tellement inquiète. »

C'était peut-être parce qu'il s'était retrouvé nez-à-nez avec des monstres deux fois de suite à Sunleth, mais Hope était soudainement tombé malade sur le chemin du retour. Arrivés à Palumpolum, ils l'avaient tout de suite emmené aux urgences. À cause de ça, il n'avait jamais eu l'occasion de remercier le pilote du vaisseau. Kai et Elida avaient pu le faire, et ils le lui avaient raconté trois jours plus tard.

« Il est trop cool. C'était ce type un peu vieux qui avait des cheveux comme un nid d'oiseau. »

« Il a eu un fils y'a pas longtemps. »

« Quand je lui ai dit que je voulais devenir pilote, il m'a souhaité bonne chance ! »

Kai ne pouvait pas s'arrêter de parler de lui. Il n'avait jamais laissé tombé son rêve de devenir pilote, et cette rencontre n'avait fait que renforcer sa détermination. Hope était un peu jaloux. Même Elida avait un projet pour l'avenir. Elle voulait devenir chanteuse, alors elle était allée dans une école pour filles qui donnait des cours de musique spéciaux. C'était il y a un an.

Quand j'étais petit, je voulais devenir comme mon père...

Évidemment, son père était maintenant le parfait exemple du genre de personne qu'il ne voulait pas devenir. Quel que soit le travail qu'il ferait, il n'irait jamais jusqu'à ignorer ses proches. Il serait heureux tant qu'il serait un homme qui n'oublie pas ses promesses.

« … Tu ne trouves pas ? »

« Hein, quoi ? Désolé, j'écoutais pas. »

Il décida d'arrêter de réfléchir autant et d'écouter vraiment sa mère. Ne pas faire attention aux gens quand ils parlent serait exactement le genre de chose que ferait son père...

« Les gens qui viennent de passer disaient qu'un petit garçon a été gravement blessé au cours de l'accident. C'était tellement triste qu'ils n'osaient même pas regarder son père. »

« Je vois... »

« J'espère qu'il ne va pas mourir. Il n'y a rien de plus triste qu'un enfant qui meurt dans les bras de ses parents... »

C'est toujours triste quand un membre d'une famille meurt, pensa Hope, que ce soit le père ou le fils qui parte en premier. Surtout pour ceux qu'ils laissent derrière eux.

Hope ne le dit pas à voix haute. Bizarrement, il ne le pouvait pas.

« Heu, Hope... Est-ce que... tu es fâché contre ton père ? »

« Pas vraiment. »

« Il n'est pas très doué pour ce genre de chose, tu sais. Beaucoup de gens comptent sur lui, et il veut bien faire son travail. »

Il regarda le visage de sa mère, et son sentiment de dégoût s'effaça un peu.

« Je ne suis pas fâché. Il sera là pour le festival de feux d'artifices, non ? Alors ça va. Enfin, les feux d'artifices sont l'attraction principale, de toute façon. »

Sa mère avait l'air si heureuse. Peut-être que je devrais essayer de parler à mon père le soir du festival, pensa Hope. Bien entendu, il se contenterait de dire quelque chose comme, « Comment ça s'est passé ? », mais s'il pouvait juste revoir sa mère sourire de cette manière, ça ne le dérangerait pas...

Un soldat masqué marchait devant eux. Les réparations de l'accident auraient déjà dû être terminées, et les simples soldats de la centrale, se charger de la sécurité. Pourquoi y avait-il autant de PSICOM ? Un sentiment étrange et affreux lui noua l'estomac. Sa mère avait l'air inquiète. Hope essaya de paraître enjoué.

« Allez, rentrons à Bowdam. On a déjà vu le fal'Cie. »

Sa mère répondit elle aussi d'une voix légère, essayant peut-être de faire disparaître ce même sentiment.

« D'accord, allons au centre commercial. »

« Encore ? »

Il ne voulait plus penser aux soldats et au fal'Cie. Il voulait juste s'amuser. Hmm, peut-être que je parlerais à Kai et Elida quand je rentrerai à Palumpolum, se dit Hope. Si je lui dis que j'ai vu plein de soldats à Ewleede, Kai sera sûrement impressionné. Elida sera plus intéressée par le festival de feux d'artifices que par la centrale.

Ça va faire trois ans qu'on ne s'est pas retrouvés, tous les trois.


Ses vacances scolaires ne faisaient que commencer.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Sam 5 Déc - 16:59

Partie III: Treasure - Chapitre un



Qui aurait pu penser que les choses empireraient de cette façon ?

Des soldats partout, tout sans dessus dessous. Quand je t'ai rencontré pour la première fois, tout était si paisible. Voyons voir... c'était il y a huit jours, non ? Ouais, seulement huit jours. Il s'est passé tellement de choses en si peu de temps. Je n'arrive même plus à comprendre ce qu'il se passe.

Je n'arrive tout simplement pas à y croire. Papa a complètement abandonné. Enfin, toi aussi...



« Papa, je veux celui-là ! »

Dajh tirait sa main, et Sazh s'arrêta sans réfléchir. Quand un enfant veut quelque chose de ses parents, il s'agite dans tous les sens jusqu'à l'obtenir. Son fils n'avait que six ans, mais il n'avait aucun mal à tirer un adulte comme lui.

« Hé, pourquoi on ne l'achète pas au retour ? »

Sazh avait amené Dajh au Canyon d'Ewleede. Il ne se rappelait plus quand, mais il avait dit qu'il voulait voir un fal'Cie.

Et l'endroit où il fallait aller pour cela, c'était Ewleede. Sazh s'était renseigné à droite et à gauche, et il avait trouvé l'offre parfaite. « Des vacances en famille : Visitez Ewleede et Bowdam ». Le vaisseau et la chambre d'hôtel étaient compris, et ils laissaient du temps libre pour visiter la région par soi-même. Le prix pour les enfants était réduit, et ça avait l'air amusant.

C'était pourquoi ils étaient allés à la gare d'Ewleede pour se rendre à la centrale. L'endroit était bondé de touristes, et il y avait des magasins de souvenirs à tous les coins de rues. Sazh savait que Dajh finirait par vouloir s'arrêter quelque part. Il aurait voulu un ballon en forme d'animal, ou peut-être qu'un bonbon de toutes les couleurs aurait attiré son attention...

« Non ! Maintenant ! Maintenant ! »

Dajh tira sa main encore plus fort. Tous les enfants étaient comme ça, à dire ce qu'ils voulaient à l'instant même où ils le voulaient. Sazh se souvenait l'avoir fait lui aussi, et combien il était content lorsqu'il obtenait ce qu'il demandait.

Mais il y avait quelque chose qu'il n'avait pas réalisé, quand il était un enfant. Les parents étaient encore plus heureux de donner à l'enfant ce qu'il voulait.

« D'accord, d'accord. Mais juste cette fois. » Il sourit.

« Alors, c'est quoi que tu veux ? »

Ils étaient devant un magasin animalier. Ce n'était pas une boutique locale, elle faisait partie d'une chaîne implantée un peu partout.

« Je veux celui qui est jaune ! »

« Voyons, c'est lequel ? »

Il y avait de nombreuses cages alignées dans la vitrine. Il n'y avait pas seulement des chiens et des chats, mais aussi des monstres dont les gènes avaient été modifiés pour qu'ils ne soient plus dangereux. Ce qui témoignait de la grandeur du magasin.

« Celui qui est jaune, c'est lequel qui est jaune ? » Il s'arrêta de chercher.

« Pas... Tu veux pas dire... Celui-là ? »

Dans l'une des plus grandes cages se trouvait un gros Flambos jaune, aplati sur lui-même. Il étira son corps, essayant de paraître menaçant.

« Hé petit, c'est de ça que tu parles, pas vrai ? » Le marchand sourit à Dajh et tapa dans les mains.

« Oui, c'est ça ! » Dajh hocha vivement la tête et fit le même geste. On aurait dit qu'ils essayaient d'imiter un oiseau.

« Tous les enfants qui parlent d'un truc jaune parlent de ça. » dit-il en montrant un panneau du doigt. « Bébés chocobos en stock ! »

« Oh, juste un chocobo. » Il avait paniqué lorsqu'il avait cru que Dajh parlait du Flambos, mais un bébé chocobo ne lui posait aucun problème.

« Alors d'accord, on va prendre un de ces trucs jaunes. »

Le visage de Dajh s'illumina. Il adorait les chocobos. Son livre préféré parlait d'un chocobo, et il y en avait un sur son doudou.

« Génial ! Alors venez à l'intérieur, je vous en prie. » Le marchand essaya de prendre Dajh par la main.

« Non, je vais attendre ici ! » dit Dajh. Il était fier d'avoir le droit d'attendre tout seul pendant que son père avait quelque chose à faire. Maintenant, il voulait le faire tout le temps.

« D'accord, mais tu ne bouges pas d'ici. Compris ? »

Dajh acquiesça, l'air malicieux. Évidemment, Sazh avait deviné ce qu'il pensait et lui avait donc dit de ne pas bouger. Dernièrement, Dajh n'arrivait pas à se contenter d'attendre seul, alors il jouait à cache-cache. Il attendrait que Sazh soit entré dans la boutique, puis il serait allé se cacher quelque part. Quand son père viendrait le chercher, il resterait tapi dans son coin, tout excité.

Sazh entra dans le magasin, et le vendeur ouvrit la cage. L'un des chocobos sortit en vitesse et se précipita sur Sazh.

« Hé, on dirait qu'il vous aime. » Il sourit et ferma la cage. Le chocobo volait autour de Sazh.

« Vraiment ? J'sais pas. » Ses yeux croisèrent ceux du chocobo, qui pencha la tête. Au moment même où il se dit qu'il était mignon, les yeux du chocobo étincelèrent. Il plongea vers Sazh.

« Aïe ! » Le chocobo s'était posé sur sa tête.

« Hé, fais attention avec tes griffes ! » Il n'eut qu'un gazouillis pour réponse. Sazh ne savait pas s'il voulait dire « D'accord ! » ou « Je m'en fiche ! », mais il avait l'air content.

Il paya et sortit de la boutique en vitesse, le chocobo sur sa tête. Il voulait le montrer à Dajh sans perdre une seconde.

Mais il n'y avait aucune trace de Dajh. C'était toujours comme ça.

« Hé, Dajh ? Tu joues à cache-cache ? » Il fit semblant de regarder autour de lui. Il devait sûrement se cacher quelque part par là. Il l'entendrait rire d'un instant à l'autre. Les petits enfants ne se cachent pas pour ne pas être trouvés, mais pour avoir un câlin quand ils le sont.

« Hé, on dirait que j'ai perdu. Je ne te trouve pas ! » dit-il, l'air d'abandonner. Mais il n'entendait toujours pas de rire.

« Dajh... ? »

Il inspecta les alentours. Derrière le banc, dans l'ombre d'un chariot, derrière un pot de fleurs. Toujours aucune trace de Dajh. Mais peut-être... La centrale était à deux pas d'ici.

« Ne me dis pas que tu es allé là-bas. »

Sazh courut vers l'entrée de la centrale. Les enfants peuvent refaire des choses des centaines de fois, sans jamais s'en lasser, pour finalement faire quelque chose de totalement nouveau un beau jour. Les enfants sont des spécialistes de ce petit jeu. C'est comme ça qu'ils grandissent. Je ne le laisserai plus attendre tout seul avant un bon moment, pensa Sazh. Dajh s'était sûrement dit qu'il serait amusant d'aller se promener en attendant.

Arrivé à l'entrée, il regarda derrière lui, vers la place, juste au cas où. Il y avait beaucoup d'enfants de son âge, mais pas Dajh. Il avait vraiment dû rentrer dans la centrale. Sazh commença à s'inquiéter.

Ce fut à cet instant que le sol commença à trembler, comme si quelque chose d'énorme était tombé. Les enfants qui jouaient sur la place se mirent à crier et à pleurer.

« Dajh ! » Sazh courut à l'intérieur. Quelque chose de grave venait de se produire. Il en était certain.

« Dajh, t'es où ? »

Une sirène retentit. Un bruit immense recouvrit les cris. Les touristes sortaient de la centrale en courant aussi vite qu'ils le pouvaient. Sazh cherchait toujours son fils, mais la foule l'en empêcha et le repoussa. Il ne pouvait pas bouger d'un pouce. Il essaya de se frayer un chemin à travers les gens. Ils lui crièrent dessus, mais il n'avait pas le temps de s'en soucier.

Ils avaient mis du temps, mais il entendit enfin le personnel de la centrale dire aux touristes de sortir dans le calme. Eux aussi avaient dû être surpris.

Le sol tremblait toujours. Une fumée blanche s'élevait, mais il n'arrivait pas à savoir ce qu'il se passait. Y avait-il eu un incendie, ou une explosion ?

« Dajh ! T'es où, Dajh ? » Sazh inspira la fumée par accident, mais elle ne le fit pas tousser. Ce n'était pas de la fumée, mais plutôt une sorte de brume. Que diable était-il en train de se passer... ?

Il n'y avait plus beaucoup de gens à l'intérieur. Tout le monde avait dû sortir. Peut-être que Dajh avait été emmené avec les autres ? Non, il ne le pensait pas. Il sentait qu'il était encore quelque part par là.

« Dajh ! C'est papa ! Réponds moi ! » Il était juste devant le fal'Cie Kujata. Il cria plus fort. La brume commençait à s'épaissir, et il entendit comme un courant d'air. Il continua son chemin, en faisant attention d'inspecter tous les recoins.

Puis il vit la couleur familière des habits de Dajh.

« Dajh ! »

Il était allongé sur un banc. Il courut vers lui et le prit dans ses bras.

« Papa... ? »

« Ça va, tout va bien. Tu es blessé ? » Il parla d'une voix calme pour le rassurer, vérifiant qu'il n'était pas blessé.

« Hein ? C'est quoi ça ? »

Il y avait une marque qu'il n'avait jamais vu auparavant sur la main de Dajh. Il crut d'abord que c'était un sticker, mais c'était autre chose. On aurait dit le genre de tatouage que les petits enfants aimaient se faire. Mais même ça, comment aurait-il pu... ?

Non, il aurait le temps d'y réfléchir plus tard. Pour le moment, ils devaient sortir d'ici et se réfugier. Il souleva Dajh pour le porter, lorsqu'il entendit des bruits de pas derrière lui.

« Hé ! Vous allez bien ? »

C'était un soldat. Il allait pouvoir les amener en lieu sûr.

« Mon fils, il... »

« Il est blessé ? Il s'est cogné la tête ? »

« Je ne sais pas. On a été séparés, et puis... »

Ils avaient probablement la consigne de ne pas écouter toute l'histoire en cas d'urgence. Ils déplièrent un brancard et allongèrent Dajh. Une soldate s'approcha de lui, regardant son visage avec attention.

« N'aie pas peur, tout ira bien. »

Elle vérifiait sûrement qu'il n'était pas inconscient. Elle rejoint les soldats et hocha la tête.

« Amenez-le à l'infirmerie. Par ici, monsieur. »

On est sauvés, pensa Sazh, tout va bien se passer. Il acquiesça, et les suivit.


L'infirmerie était remplie de touristes qui s'étaient blessés en courant, ou qui ne se sentaient pas bien. Dajh était resté silencieux dans le brancard, mais maintenant qu'il était dans un vrai lit, il ne tenait plus en place. Il regarda son père.

« Hé, papa... »

« Shhh. » répondit-il, posant la main sur son épaule. « Tu dois rester tranquille jusqu'à ce que le docteur t'ait examiné. »

« D'accord... » Il hocha lentement la tête. Il y eut de l'agitation dans le couloir. Étaient-ils en train d'amener un blessé grave ? La porte de l'infirmerie s'ouvrit brusquement, et plusieurs soldats rentrèrent. On voyait tout de suite qu'ils ne faisaient pas partie de la sécurité de la centrale, pas par leur vêtements, mais par leur comportement.

« Nous sommes maintenant en état d'alerte. À compter de cet instant, la centrale et ses environs sont sous le contrôle du PSICOM. Vous êtes tenu d'exécuter tout ordre qui vous sera donné. »

Une jeune femme se tenait devant les soldats. Belle et intelligente en apparence, mais derrière ses lunettes, son regard était froid et sévère.

« Les atterrissages à la station d'Ewleede sont suspendus. Nous allons installer une tente sur la place, et nous demandons à tous ceux qui ont été examinés par un docteur de s'y rendre. Le personnel médical et les autres iront dans une autre tente. Cet endroit est désormais interdit d'accès. »

Les gens commencèrent à discuter, mais ça ne dura qu'un instant. Sur les ordres de la femme, les soldats divisèrent les gens en groupes, et les amenèrent vers la sortie, en ligne. Ça a été fait proprement, se dit Sazh. Le PSICOM a toujours été doué pour ce genre de chose.

Sazh et Dajh se placèrent au bout de la file de ceux qui n'avaient pas été examinés. Mais une main se posa sur son épaule.

« C'est l'enfant qui s'est évanoui devant le fal'Cie ? »

C'était la femme aux lunettes. Elle baissa la voix.

« Mon nom est Jihl Nabaat, du PSICOM. Je voudrais vous parler de votre fils. Suivez moi, s'il vous plaît. »

« Mon fils ? »

Elle mit le doigt sur sa bouche, lui faisant comprendre qu'il devait rester silencieux.

« Je sais que vous aimeriez en parler maintenant, mais suivez mes ordres. Je vous expliquerai tout en détails, mais là... il y a trop de monde. »

Ses paroles cachaient quelque chose. Qu'est-ce qu'il se passait ? Qu'était-il arrivé à Dajh ? Il y avait tellement de questions qu'il voulait poser, mais c'était le PSICOM. C'était quelqu'un de très haut placé. La seule chose que pouvait faire Sazh, c'était faire ce qu'elle lui disait.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Sam 5 Déc - 17:04

Partie III: Treasure - Chapitre deux



Ils ont fait croire qu'on était des patients urgents, et ils nous ont amené à l'écart des autres pour nous faire monter dans un vaisseau du PSICOM. De temps en temps, l'un d'eux venait nous voir en nous disant qu'il devait nous « observer ». Cette femme appelée Nabaat n'arrêtait pas de dire que c'était un « accident heureux », ou quelque chose comme ça. La spécialité du PSICOM, c'est... hé bien, ils les appellent la « menace de Pulse ». Je me demandais quelle était cette chose qui s'était passée à la centrale et qui les rendait aussi heureux.

Non, je m'en fichais de ça, tant que Dajh allait bien. Tant qu'il était en sécurité. Mais ils ne m'ont rien expliqué, ils nous ont juste traînés jusqu'à Eden, dans un hôpital militaire. Elle a dit qu'elle nous expliquerait tout plus tard, elle n'avait pas le temps à bord du vaisseau, avec le personnel médical qui s'occupait de nous.

Parce qu'ils ont dit que « la santé de votre fils est de la plus haute importance ». Je n'ai rien répondu.

Papa était complètement bouleversé, alors j'ai totalement oublié de te présenter à Dajh. Mais tu n'étais pas vraiment dans ton assiette, non ? Tu te cachais dans les cheveux de papa, tellement choqué que tu ne bougeais pas, hein ? Quand tu es enfin sorti, il faisait nuit, et j'allais dormir. Ils m'ont mis dans une autre chambre que celle de Dajh. J'étais tout seul, alors j'ai eu peur.

Mais évidemment, je n'arrivais pas à dormir. Je n'arrêtais pas de penser à ce que le lieutenant Nabaat avait dit : « la Marque d'un l'Cie ».


Le jour suivant, rien n'avait changé. Sazh ne savait toujours pas ce qu'il se passait. Il prit à parti les médecins, mais il se contentèrent de répondre qu'ils étaient toujours en train de travailler. Ou que le lieutenant Nabaat lui expliquerait tout plus tard. Et s'il demandait où elle était, ils répondaient qu'ils ne le savaient pas. Il pensait qu'ils cachaient probablement quelque chose, mais ils avaient vraiment l'air de ne pas savoir ça. Ce n'était pas eux qui étaient chargés du cas de Dajh, mais un spécialiste, quelqu'un de plus haut-placé.

Peut-être qu'ils compatirent avec Sazh, qui était mort d'inquiétude. Ils essayèrent de savoir où se trouvait le lieutenant Nabaat, mais n'eurent pas plus de succès. Elle était en mission, et on ne pouvait même pas la contacter.

« Le lieutenant Nabaat est une personne très importante. Le Sanctum compte beaucoup sur elle. Nous ne pouvons rien faire de plus. »

La jeune femme, qui avait fait tout ce qu'elle pouvait pour l'aider, avait l'air d'être rongée par les regrets. Selon elle, Nabaat avait terminé première de sa promotion. Ensuite, elle avait rapidement atteint le rang de lieutenant, et elle serait sans doute promue à nouveau dans peu de temps.

Si quelqu'un comme elle était concernée par l'affaire, alors ce qu'il s'était passé à Ewleede n'était pas qu'un simple accident. Il semblait bien que Dajh et lui s'étaient fourrés dans une histoire très sérieuse. Il en était certain.

« Nous allons tenter de la contacter pour que vous puissiez avoir des explications aussi vite que possible. Je sais que vous êtes très inquiet, nous vous demandons juste d'attendre encore un peu. »

« Je comprends, mais... dès que vous le pouvez, s'il vous plaît. » Sazh la remercia et retourna dans sa chambre. Ce n'était pas une chambre de malade, mais une pièce aménagée pour la famille d'un patient. Comme une chambre d'hôtel. Il y avait même une machine qui permettait d'accéder à des magasins, entre autres.

Lorsqu'il s'arrêta devant elle, le bébé chocobo sortit de ses cheveux. Il s'était sûrement assuré qu'il n'y avait aucun danger, alors il était resté caché jusque là.

« Amuse-toi bien. Je vais essayer de trouver des informations. » Il alluma la machine et accéda à la bibliothèque. Il voulait en savoir plus sur cette « Marque d'un l'Cie » dont avait parlé Nabaat plus tôt.

Bien entendu, il avait déjà entendu parler des l'Cie. Il connaissait ce nom depuis qu'il était petit. Toutes les personnes nées sur Cocoon les connaissaient par de vieilles histoires ou des légendes. Mais dans la réalité ? Il n'arrivait pas à trouver un lien entre ces contes, Dajh et l'accident d'Ewleede. Il avait sûrement mal entendu, elle avait dû dire autre chose, mais pas le mot « l'Cie ». Si ce n'était pas le cas, alors qu'avait-elle dit ? Il voulait absolument le savoir.

Il pensait qu'il ne trouverait que des livres pour enfants. Mais il avait tort. Il y avait bien plus de livres d'histoire dans cette liste qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il y avait des copies de vieux textes, et même des rapports vidéo.

Sazh se demandait quoi consulter en premier, lorsque le bébé chocobo vint se poser sur le panneau de contrôle. Il ouvrit quelque chose à l'écran.

« Hé hé, touche pas à la machine ! Si tu veux jouer, va là-bas. » Il allait appuyer sur la touche annuler, mais il regarda de plus près ce qui était apparu à l'écran. C'était une photographie d'un vieux texte, des symboles et des écritures étranges gravés dans la roche.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? »

Il reconnaissait ce symbole. En fait, il l'avait justement vu le jour d'avant. C'était la marque qu'il avait vue sur la main de Dajh. Sazh devint blême en lisant le texte qui accompagnait la photographie.

La « Marque d'un l'Cie » dont avait parlé Nabaat... n'était pas seulement quelque chose qu'il croyait avoir mal entendu.


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MessageSujet: Re: Final Fantasy XIII Episode Zero -Promise-   Sam 5 Déc - 17:09

Partie III: Treasure - Chapitre trois



Je n'avais jamais vraiment compris l’expression « tout est devenu noir » jusqu'à maintenant. Mais elle est bien trouvée. Ce n'est pas vraiment noir, mais on n'y voit plus rien. Quoi qu'on regarde, on n'arrive pas à le voir.

Je me rappelle avoir consulté des informations d'un groupe de recherche universitaire, ou quelque chose comme ça. Mais je ne me souviens plus de ce qu'elles disaient. Je suis pourtant sûr de les avoir lues. Ça parlait du « l'Cie du Sanctum », je crois.

Mais ce n'était pas du tout ce que je voulais savoir, ce que je voulais entendre. Tu sais ce que papa veut entendre, pas vrai ? Juste une chose. Une simple chose. Que mon fils ira bien.

Je ne sais pas pourquoi je pensais que le lieutenant Nabaat me dirait ça. J'ai paniqué. Tout ce que je lisais était tellement inconcevable. Je ne voulais pas y croire. Je pensais qu'un soldat haut-placé pourrait tout réfuter. Je me suis raccroché à cette pensée.

Ce n'est que quelques jours plus tard que j'ai enfin pu la voir. Trois jours après l'accident…



« Désolée de vous avoir fait attendre pendant trois jours. » Nabaat s'inclina. « Je suis sûre que vous avez dû être très inquiet. » Elle avait l'air triste.

Ils étaient dans une salle d'observation, et ils regardaient un écran accroché au mur. On y voyait Dajh en train de jouer avec une sorte de puzzle. Elle lui dit que c'était l'une des choses qu'ils utilisaient pour leur enquête. Sazh n'avait pas encore le droit d'aller le voir, mais Nabaat avait demandé à ce qu'on installe cet écran, pour qu'il sache vraiment que son fils allait bien.

« Peu importe, je m'en fous. Mais Dajh, mon fils… » Laissez-moi le ramener à la maison, voulait-il dire. Mais il ne le fit pas. Il regarda Dajh taper dans les mains gaiement. Le symbole était toujours là. Je ne peux pas encore leur demander ça, pensa-t-il. On doit s'occuper de ça d’abord. Avant qu'on rentre à la maison.

« Vous le savez probablement déjà, mais… »

Nabaat semblait sur le point de dire quelque chose de difficile. Elle inspira, et lui dit ce qu'elle avait à dire.

« Votre fils a été désigné comme l'Cie. Par le fal'Cie Kujata. »

Au cours des trois derniers jours, Sazh s'était renseigné les l'Cie autant qu'il le pouvait. Mais ça n'avait fait que lui faire perdre espoir. Nabaat était la dernière lueur qu'il lui restait. Il était sûr qu'elle allait lui dire, « Vous vous êtes complètement trompé. Il est absolument impossible que votre fils soit un l'Cie. », et balayer ses peurs.

Mais ses paroles le plongèrent dans le désespoir. Il ne se rendit même pas compte qu'il criait.

« Vous plaisantez ? Les l'Cie ne sont rien d'autre qu'une vieille histoire ! »

« Je comprends ce que vous ressentez. » Nabaat ferma les yeux tristement. Sazh ne savait plus quoi répondre. Devait-il lui dire « Vous ne comprenez rien ! », ou « Ne faites pas semblant de compatir ! » ? Non, ça ne changerait rien. Quoi qu'il dise, ça ne servirait à rien. Il se contenta d'enfouir ses sentiments profondément.

Je ne comprends pas. Rien de tout ça. Sazh ferma les poings, frustré.

« Nous étions surpris, nous aussi. » continua-t-elle calmement.

« Selon les archives, il n’y a pas eu de l'Cie depuis des centaines d’années. Pas depuis la Guerre des Révélations. »

« Alors pourquoi ? Pourquoi c'est arrivé à Dajh ? »

Pourquoi Dajh ? Il y avait d'autres enfants là-bas, il y en avait des tonnes. Des enfants du même âge que Dajh. Non, pourquoi même était-ce tombé sur un enfant ? Il y avait des adultes, aussi. Ça n'aurait pas été gravé si l'un d'eux avait été choisi. Alors pourquoi, pourquoi avait-il désigné Dajh ?

« Pour être franche, nous ne savons pas. Nous pouvons simplement supposer qu'il était le candidat idéal pour être un l’Cie. »

« Un enfant de six ans ? C'est ridicule ! »

« Monsieur Katzroy… » Elle ouvrit la bouche, sur le point de parler, mais détourna le regard. Elle sait quelque chose, pensa Sazh. Elle me cache quelque chose.

« Qu'est-ce que le PSICOM… le Sanctum va faire de Dajh ? » Nabaat avait dit qu'il fallait qu'il soit en sécurité. Mais Sazh savait que l'armée ne se donnerait pas autant de mal pour un simple enfant en temps normal.

« Si vous gardez ce que je vais vous dire pour vous… »

Bingo, pensa Sazh. Nabaat le regarda droit dans les yeux.

« Un grand danger menace Cocoon. Nous gardons un œil sur Pulse, et nous savons qu'une invasion se prépare. »

« Hein ? »

Qu'est-ce qu’elle voulait dire par « invasion » ? Depuis Pulse ? C'était trop gros, il ne pouvait pas s'imaginer ça.

« Le Sanctum n'a pas fait d'annonce publique à ce sujet, mais ce qu'il s’est passé à la centrale n’était pas un accident. C'était l'œuvre des ennemis de Cocoon. »

Cette brume blanche, le sol qui tremblait : le Sanctum avait présenté tout cela comme un simple accident. Mais ça avait été quelque chose de préparé, depuis Pulse.

« La raison pour laquelle il y a eu si peu de dégâts, c'est Dajh. Il a été choisi par le fal'Cie pour être un l'Cie. »

« Impossible. Que pourrait faire un enfant de six ans ? »

C'était incroyable. Que pouvait faire un enfant de six ans contre les ennemis de Cocoon ?

« C’est la vérité. » coupa Nabaat.

« Mais les ennemis ont pu s'échapper. Nous ne savons ni où ni quand il y aura une nouvelle attaque. C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir coopérer. »

« Coopérer ? »

Pour lui, tout cela n’était encore qu’une mauvaise blague. Coopérer ? Pour quoi faire ?

« Dajh a été désigné. Il est la clé de la survie de Cocoon. Il ne se rend peut-être pas compte de son pouvoir, mais le Sanctum lui donnera tout ce dont il a besoin. Il se dressera contre l'invasion préparée par Pulse. Alors s'il vous plait, monsieur Katzroy, aidez-nous. »

« Je ne sais pas quoi vous répondre. C'est juste… trop. »

Il voulait entendre une explication plus concrète. Il ne comprenait rien à tout ça. Il n'avait rien à faire de cette invasion. Il voulait juste savoir quand il pourrait ramener Dajh à la maison.

… Y avait-il la moindre chance qu'ils puissent reprendre une vie normale ?

« Oui, oui, je comprends. » Nabaat hocha la tête plusieurs fois. Elle n'avait plus l'air d'un soldat, mais d'une maîtresse qui expliquait quelque chose à un petit enfant.

« Nous ne vous demandons rien de spécial. Nous voulons juste que vous le surveilliez. »

Je ressemble sûrement à un enfant qui boude, là, se dit Sazh.

« Nous ne savons pas quelle Tâche ou quels pouvoirs ont été confiés à Dajh. Nous essayons de les découvrir aussi vite que possible, c'est là l'objet de notre enquête. Malheureusement, nous ne pouvons pas vous laisser aller le voir pour le moment, mais nous comprenons votre inquiétude. Alors, je vous en prie… »

Tâche ? Oh, évidemment. Si un l'Cie ne venait pas à bout de sa Tâche, il se transformait en cadavre l'Cie. C'était ce qu'elle disait. Pour le moment, ils devaient absolument savoir quelle était sa mission. Il comprenait. Son cerveau le comprenait, mais son cœur…

« J'essaierai de faire en sorte que vous puissiez le voir demain. Mais nous devons faire un maximum de tests aujourd'hui. Attendez un jour de plus, c'est tout ce que nous vous demandons. »

Sazh ne pouvait rien dire de plus.


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